Imbolc, préparer le retour de la lumière

 

Le sabbat d’Imbolc aura lieu le 2 février. La nature commence à reprendre ces droits en laissant place à la lumière, et Imbolc annonce les premiers signes du printemps. En attendant le retour du soleil au printemps, la nature se purifie, favorisée par le froid intense. C’est une fête joyeuse tournée vers le retour du soleil, et l’on allume de nombreuses chandelles en son hommage. C’est un festival de lumière lié à l’élément feu, et il est dédié à la déesse celte Brigid.
Imbolc est aussi un moment  idéal pour faire le ménage, se débarrasser de choses dont on n’a plus envie ; il est dédié aux purifications et exorcisations.
C’est le meilleur moment pour poser les nouveaux projets, les nouveaux objectifs. C’est l’heure des bonnes résolutions qu’on met en terre pour qu’elles puissent germer puis s’épanouir dans les sabbats suivants.
Il s’agit d’observer où on en est et de profiter de la renaissance progressive de la nature pour laisser naître les potentiels de l’année en cours. Imbolc nous montre que tout est à nouveau possible, après avoir fait son introspection au coeur de l’hiver.

 

Imbolc, (2 février en 2017, soit le mois d’anagantios selon le calendrier de Coligny), qu’on appelle aussi Ambivolcios (celtique ancien), est présidé par Brigantia, qui correspond à l’irlandaise Brigit, fille et mère du Dagda. Par ses attributions (patronne des poètes, des médecins et des forgerons avec un aspect guerrier) elle participe des trois fonctions celtiques. Elle correspond à la nouvelle lune, ascendante. Elle est une déesse vierge mais cela n’a rien à voir avec la conception chrétienne, triste et réductrice de la virginité, car elle ne refuse pas pour autant «les devoirs liés à la féminité». La fête est le pendant, symétrique, de Lughnasad (car c’est une constante des fêtes d’avoir chacune leur opposé symétrique, leur vis à vis qui vient l’équilibrer six mois plus tard), quand la Terre, fatiguée par les moissons, était redevenue vierge.

Pour Imbolc, la Déesse, tout comme la Terre, sont toujours vierges mais l’une comme l’autre sont redevenues fécondables : la Déesse vierge est alors la préfiguration de la Déesse Mère. A ce titre elle est aussi la Déesse de fécondité, et donc associée à la Nature, au moment de sa correspondance avec le cycle saisonnier et agraire. C’est le début du Printemps. Pourtant, Imbolc semble être un peu la fête mal aimée du festiaire celto druidique, celle sur laquelle on trouve le moins de témoignages, de survivances ou de pages d’étude consacrées (15 seulement dans «les Fêtes Celtiques» de Guyonvarc’h). On la sous estime un peu dans la mesure où l’on ne retrouve pas beaucoup de traces et que l’on ne sait pas grand chose à son sujet si ce n’est que les chrétiens l’ont récupérée, selon leur habitude, et consacrée à Sainte Brigitte (avec quelques survivances folkloriques). On estime alors qu’elle n’était peut être pas très importante ou/et qu’elle n’était destinée qu’à la 3ème fonction.

Raimonde Reznikov et d’autres auteurs avancent pourtant une théorie séduisante : les autres fêtes celto druidiques sont essentiellement connues grâce aux copistes chrétiens qui n’en ont pourtant laissé transparaître que ce qu’ils voulaient bien. Si l’on ne sait presque rien sur Imbolc, ne serait ce pas parce que c’était une fête ésotérique si importante (le 4ème pilier du monde, selon la Tradition) que les chrétiens se seraient efforcés d’en supprimer tout souvenir ?…

Brigid

Cette fête est consacrée à la Déesse celte du feu et du soleil, Brigid. Christianisée sous le nom de Sainte Brigitte ou de Sainte Bride, elle passe pour avoir été la sage-femme ayant présidé à la naissance de Jésus, et avoir été sa mère nourricière. La légende de Sainte Brigitte dit qu’elle serait née ‘ni dans la maison, ni en dehors de la maison », sa mère aurait accouché sur le seuil, un pied dehors et un pied dedans. Il est évident qu’on peut voir en Sainte Brigitte l’expression d’une Déesse née sur une frontière, une divinité de « l’entre temps » situé entre l’hiver et le printemps.

La Déesse Brigid avait de nombreux attributs. Elle régnait sur le feu sacré, la guérison, la prophétie, la poésie, la naissance des enfants et la forge. On peut établir un lien entre elle et une autre déesse celtique, Brigantia, « Puissante Reine », qu’on vénérait dans le Nord de la Grande-Bretagne, ainsi qu’avec Morrigane, la triple déesse de la guerre, de la mort et de la sexualité.

Pour certains Sorciers, Brigid incarne le rôle important de la Déesse Lumineuse. En tant que telle, elle est sensée incarner la spirale de la Main Droite. Elle est la polarité femelle de l’énergie créative qui entoure la Terre, et sa présence se focalise à des endroits particuliers de la surface du globe. Des puits et des sources sacrés furent dédiés à Brigid une fois qu’il fut déterminé qu’ils ne pouvaient être contaminés par le mal cyclique libéré par la Terre Mère. Les Anciens peuples de nos îles savaient que la Déesse pure et chaste était à la fois la mère de l’inspiration et de la destruction. L’amour, la poésie et l’inspiration étaient grandement favorisées et renforcées en captant l’énergie des lignes de Ley à des moments appropriés.

Le principal symbole de Brigid est la roue solaire, ou roue de feu, et c’est une version de l’ancienne swastika qui représente la force de vie cosmique. La roue solaire de Brigid voyage de gauche à droite, dans le mouvement deosil du soleil, contrairement à la version nazie du symbole qui est inversée.

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Comme symboles de la fête nous avons la pomme, le Houx (Colenos) et le Bouleau (Betua), le signe astrologique du Verseau et la sève des arbres.
C’est aussi une fête de Feu, la «fête des chandelles» où l’on fête le retour de la lumière. 

Le Bouleau, étroitement associé à la jeune Déesse est l’arbre du commencement, un arbre de sagesse, d’illumination, de protection, de purification au sortir d’une épreuve, et de renaissance. En ce qui concerne la purification, il faut souligner le fait que la sève de bouleau est un diurétique, dépurative, sudorifique, entrant dans les cures de printemps : que rêver de mieux comme produit de purification ?…
Comme Uranus (qui gouverne le signe du verseau), le bouleau (divination par les oghams) nous incite à remplacer ce qui est vieux et mauvais par ce qui est nouveau et bon, ce qui est la traduction même d’un nouveau départ et ce qui correspond tout à fait à ce moment de l’année.
Le Houx, lui, est symbole de protection et d’équilibre, qui sont deux notions complètement nécessaires à tout nouveau départ. Avec la sève, on pense à la Vie, au Sang qui recommence à monter dans les veines d’une Nature qui s’éveille peu à peu. Mais on pense aussi au Soma des Hindous, symbole d’un breuvage d’immortalité (immortalité que symbolise aussi le Houx, toujours vert) qui ne s’obtient que par une «véritable transsubstantiation des sucs végétaux, laquelle ne s’achève que dans le monde des Dieux» (dictionnaire des Symboles).

 

L’eau et le feu

Le rite le plus représentatif de la fête est la purification: «se laver les pieds, les mains, la tête». On admet généralement qu’Imbolc est une fête lustrale destinée à la purification après les rigueurs et les souillures de l’hiver. Mais la fête correspond aussi symboliquement à l’éveil initiatique et à la préparation qui aboutiront à la Renaissance de Beltaine. C’est une fête initiatique d’un passage primordial. On sait que la tenue de chaque rituel nécessite une purification préalable. On comprend donc que cette purification est d’autant plus nécessaire quand il s’agit d’un véritable rituel initiatique. Et à cette occasion précise, la purification devient le rite lui même.
Exemple de rituel >> un autre par ici >>

La purification se fait de deux manières : par l’Eau (et l’on précise bien ici, «se laver les pieds, les mains, la tête»), et par le Feu : Imbolc est une fête où le feu joue un rôle primordial puisqu’il symbolise le Soleil, source de chaleur et de lumière. Outre son rôle purificateur il est aussi le protecteur des hommes et des animaux (la fête est d’ailleurs aussi connue sous le nom de «fête des chandelles» et cescrepe_800px chandelles, parfois des flambeaux, sont restés dans certaines coutumes : processions, etc…).
Les aliments rituels d’Imbolc sont les crèpes, le miel et le cidre.
La crèpe est l’image du jeune Soleil, apparu au solstice d’Hiver, et qui commence à prendre des forces (les jours ont commencé à rallonger et la lumière à regagner un peu sur les ténèbres) mais elle peut aussi être l’image de la Lune dont la plénitude (attendue pour Beltaine) est annoncée par son premier quartier, image de la jeune Déesse vierge qu’on honore lors de cette fête.

Les qualités propres du signe du Verseau qui gouverne Imbolc sont l’éveil de l’intellect et des facultés mentales, et l’ouverture de l’esprit aux idées nouvelles et à la spiritualité.
Dans la nature, le signe du Verseau correspond à la première assimilation de la
graine semée (le stade de la graine enfouie correspondait au Capricorne) qui s’intègre au
sol. Le germe de blé est donc la promesse du champ qui s’épanouira sous le soleil du Lion.

Le dictionnaire des Symboles précise: «le signe a été mis en rapport avec Saturne dans
la mesure où l’astre libère l’être de ses chaînes instinctives et dégage ses forces spirituelles sur une voie de dépossession. On lui donne aussi Uranus pour maître qui remobilise l’être libéré dans le feu de la puissance prométhéenne en vue de se dépasser». Et si «l’étoffe de ce type zodiacal est pour ainsi dire angélique, il existe aussi un Verseau uranien, prométhéen qui est l’être de l’avant garde, du progrès, de l’émancipation, de l’aventure».

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Si les jours rallongent, on remarque pourtant que l’hiver exerce toujours son emprise sur la terre. Néanmoins les graines qui dormaient jusque là en son sein, commencent à s’éveiller à une vie nouvelle : c’est du plus profond des ténèbres que naît la lumière, comme c’est de la mort que naît la vie.

C’est donc une fête d’ouverture de la vie, déjà contenue dans le sein de la Terre et c’est le retour du soleil qui permettra à ces graines de donner en été les fruits et les récoltes espérés.

 

D’ailleurs, c’est autour de ce thème que tournent toutes les coutumes relatives à la crêpe qu’on a pu conserver : lancer la 1ère crêpe avec une pièce d’argent dans l’autre main, lancer cette 1ère crêpe sur le haut de l’armoire et l’y garder toute l’année, etc… Il faut dire aussi que la crêpe avait un effet pour ainsi dire multiplicateur : confectionnée avec de la farine, des œufs, du lait, c’était l’espérance d’avoir de ces produits en abondance toute l’année. Enfin, souvent, autrefois, les paysans invitaient leurs voisins à venir manger des crêpes pour avoir une belle moisson ou pour préserver les blés de la maladie.

D’après © LUNE BLEUE Mag  N ° 1 1 – i m b o l c  2 0 1 4

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