Méditation de Samain – La chaise de la Vieille

« Il est minuit. Vous vous tenez au pied d’une montagne au Nord. La lueur des étoiles révèle d’énormes rochers répandus sur un paysage rocheux de falaises et de moraines. Il fait très froid ; vous voyez dans l’air glacial la vapeur de votre souffle quand vous expirez. Le silence est profond, mais de temps à autre, il est brisé par le son du vent qui souffle des cimes.

Tandis que vos yeux s’accoutument à la lumière estompée, vous discernez une piste blanche étroite qui serpente parmi les rochers levant, et vous savez que c’est votre chemin. Vous commencez l’ascension difficile de pentes menaçantes, suivant le ruban blanc à peine discernable devant vous, passant de temps en temps par un cairn de pierres marquant le chemin et montrant que d’autres vous ont précédés… Et au bout d’un long moment, ou d’un temps assez bref, ou tout de suite, vous prenez conscience de ce que le sentier vous a conduit à un énorme tas de pierres affectant la forme d’une chaise, gravée de nombreuses spirales, et de cercles concentriques.

C’est la Chaise de la Vieille, et elle est assise ici, vous regardant avec l’oeil qui se trouve au milieu de son front : une énorme vieille femme, avec un visage bleu nuit dans lequel son oeil unique brille comme une étoile. Ses cheveux comme blancs de gel tombent comme des congères autour de son corps. Deux serres de fer émergent de ses robes bleu nuit ; l’une tient un grand marteau de fer. Sur une épaule, perche un hibou avec des yeux de topaze qui ne clignent pas ; à ses pieds est allongé un long loup gris, endormi.

Quand vous l’approchez, elle se lève lentement, et c’est comme une montagne qui se dresse. Elle vous invite à la suivre, et elle vous conduit sur le sol rocheux éclairé par les étoiles du haut d’une falaise. Là, elle vous dit de vous allonger sur le ventre et de regarder par-dessus le rebord. Vous vous retrouvez en train de regarder un tourbillon profond, sombre, bouillonnant, d’où émerge une image… l’image de votre moi Ombre – une partie de vous que vous tenez cachée le plus souvent. Votre moi Ombre peut personnifier votre colère, votre peur, votre jalousie, votre orgueil, ou n’importe quelle partie de vous que vous avez du mal à accepter. Regardez de près cette figure. Observez quels sont les sentiments qui se font jour alors. Maintenant, dites honnêtement à votre Ombre quels sont vos sentiments à son sujet… Et maintenant, prêtez une voix à votre Ombre, et laissez-la répondre… Demandez à votre Ombre ce qu’elle veut vraiment de vous… A nouveau, écoutez sa réponse… Pourquoi veut-elle cela ?… Qu’a-t-elle à vous offrir si vous satisfaites ses besoins ?… Dialoguez de cette façon jusqu’à ce que vous soyez tombés d’accord. Une fois que vous avez conclu un accord, regardez à nouveau votre Ombre et remarquez si elle a changé en quelque façon… Remerciez votre Ombre pour cette rencontre et voyez son image se dissoudre lentement dans le tourbillon.

Et maintenant, les eaux bouillonnantes s’apaisent, et vous regardez dans une surface argentée, calme, qu’aucune ride ne trouble. Vous vous apercevez que vous pouvez la toucher – et ce n’est pas du tout de l’eau, mais une surface dure réfléchissante, et une vieille voix coassante dit, avec une note de dur amusement : « Bienvenue au miroir de ton esprit! »

Vous vous levez et faites un pas en arrière – et vous vous apercevez que maintenant vous ne regardez plus le miroir, mais dans l’oeil profond, semblable à un étang, de la Cailleach, tandis qu’elle s’assoit sur sa chaise de pierre. Et continuer de regarder dans cet oeil, c’est comme regarder dans les vastes étendues du ciel de minuit, illuminé par d’innombrables étoiles… Vous êtes rempli d’un sentiment de calme, de paix, et de bien-être, qui semble durer très longtemps.

Progressivement, vous prenez conscience de ce que vous regardez le ciel étoilé, et la Vieille Femme n’est plus là. Sa chaise de pierre est vide, le hibou et le loup sont partis, et vous êtes seul sur un versant venteux de la montagne, avec le vent qui souffle autour de vous. Tandis que vous revenez par l’étroite piste blanche, vous prenez conscience, petit à petit, que vous êtes allongé dans cette pièce, en ce moment, et quand vous atteignez le pied de la montagne, vos yeux s’ouvrent, et vous revenez totalement, vous sentant très éveillé, calme et relaxé ».

« Vivre la Tradition Celtique au fil des saisons » par Mara Freeman

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