Les Magies

Je reprends ici cet excellent article old fashion, pour y ajouter le confort de lecture qu’il mérite

Plan de l’article :

Définition – Étymologie – Magie et Logique – Fonction première –
Chez les Romains – Une science balbutiante – Dans le Nord –
La magie n’existe pas – Les Oracles – La divination –
Magie et religion – Après l’Évangélisation –
Les deux sens du mot – Déviation des Charmes – La sorcellerie –
Résurgence : une mode ? – Re-former les esprits ?
Des réalités méta scientifiques ?



Définition


« La Magie est la pratique d’incantations, de sortilèges, de charmes, de malédictions et d’autres rites* 1 en vue d’influencer et de contrôler par ces moyens“spirituels” le cours naturel des événements “physiques”.
« On peut l’opposer à la religion* 2 en ce que celle-ci utilise les prières non pas pour contraindre mais pour supplier. » Dictionnaire de l’antiquité, “Oxford”, Laffont. Ce qui, entre nous, est une autre manière – plus servile – de croire en la “magie” !
Ce n’est certes pas la seule définition mais elle nous plaît assez car on peut en déduire qu’il n’y a pas de différences fondamentales entre Magie et Religion mais une simple différence de procédé : l’une prétend contraindre les forces de la nature, l’autre – infantile – s’invente un intercesseur de type “paternel” (“papa => Pape), “tout puissant” bien sûr, qu’elle “prie” d’intervenir pour obtenir… le même effet, et les deux sont tout aussi irrationnelles dans leur démarche. Cependant que la première a été diabolisée par la seconde, celle-ci s’autojustifie en se parant d’une nouvelle et métaphysique*3 catégorie de “logique” qui serait… la Foi !
(Au choix : « Je pense, donc je suis (verbe être) ! » ou bien « Je ne pense pas, je suis (verbe suivre)… le troupeau ! » Euphronios Délphyné)

Une autre définition ? « Ce sont des pratiques aussi universelles que la superstition, si bien que leur usage s’est poursuivi jusqu’à notre époque. Les explications sont inchangées, comme l’esprit immuable d’une grande partie de l’humanité : il s’agit toujours de la hantise de l’avenir, ainsi que du désir de maîtriser les forcessurnaturelles, dans le fol espoir d’éviter un destin* redouté. » André Neyton, Les clefs païennes du christianisme, Belles Lettres, 1979.
Remarquons bien ici que dans ces essais de définition nous nageons dans une sémantique post évangélique qui est, forcément, toujours péjorative et que, par conséquent, nous ne saurions ainsi définir le sujet en utilisant ses valeurs* biaisées !

Voyons donc un autre point de vue : « Le danger d’une mauvaise interprétation du mot “magique” est qu’elle rabaisse les principes traditionnels à des “superstitions” ou a des “constructions mentales justificatives”. Il faut la distinguer du sens anthropologique de la Magie comme connaissance effective du pouvoir de domination sur le monde, et du sens traditionnel de la Magie. » Grillot et Givry, Le Musée des Sorciers, Paris, 1929.
Mais ceci est à nouveau ambigu et laisse la place à des présupposés ésotériques et majoratifs. Or, puisque nous nous permettrons de dire un peu plus loin « la magie n’existe pas ! » nous dirons que c’est la “mentalité magique” (infantile) qui est à la base de ces croyances ! L’ambigüité est donc ici, que certainsappellent du même mot “magie” qui est un terme du domaine public, un ensemble de rites* (d’actions) qui, peu à peu, donneront naissance à la Science, laquelle – expliquant le monde et déterminant les lois qui le gouverne – nous permettra d’agir, non pas sur, mais avec la Nature (de physis) car :



Étymologie :


Il nous faudra donc en revenir à quelque chose de plus simple, de plus fondamental, hors de toute métaphysique* illusoire. La Magie serait-elle donc simplement la “Science ou l’Art des Mages” ? Mais encore : il nous faut chercher à savoir qui étaient ces Mages ?
Il ne s’agit évidemment pas des Rois Mages des tardives légendes orientales de l’Épiphanie christianisée4 (cf. § Jul*/ Neu Helle dans notre article Fêtes*), mais des
Grands Sages, c’est à dire des Ases° nordiques. Il ne fait en effet aucun doute que le Trinêtre dans sa fonction de Mage, dans sa représentation triadique trifonctionnelle*, était devenu en cette époque et ces pays multiculturels du Moyen-Orient, “les Rois Mages” qui, pour faire bon poids, prirent le visage coloré symbolique des trois fils d’Adam, un Blanc, un Noir, un Jaune : où donc est alors passé le vieux schéma trifonctionnel* des Indo-Européen* ? Pour l’Église*, il est devenu… raciste !

Une étymologie grecque ! Aussi, suggérons-nous que le mot viendrait d’une transformation du nom grec de l’officiant des rites* et des sacrifices qui y sont liés, l’artiste en désossement qu’ils appellent un Magéiros5.
En effet, c’est l’action de ce “sacrificateur” mageiros qui est qualifiée de “magique” car ce sacrificateur est celui qui sait abattre le Bœuf Blanc destiné au sacrifice/ festin sans le faire souffrir – donc sans dégoûter les fidèles – et il est celui qui sait le désarticuler proprement (indo-européen *Ar, grec arth) avec samacheira ou coutelas sacrificiel, ce qui est ni plus ni moins que l’Art de la Boucherie, laquelle se dit d’ailleurs Metzgerei en… Allemagne.

« C’est l’exercice de métiers tenus pour “magiques” qui fait de certains hommes des “gens à part” vis à vis de la communauté*. Leurs activités, à la fois bénéfiques et redoutables, mais en tout cas considérées comme mystérieuses car ils gardent pour eux leurs secrets techniques, inspirent à la fois le respect et la terreur : c’est l’ambiguïté du sacré* (d’où le même sens pour le “sacerdoce”). » Gérard de Sède, Le Mystère Gothique, Laffont, 1976..

Cette action qualifiée de “magique”, aurait été ensuite désignée par un substantif, la “magie”, et son pratiquant, le Magéiros, est devenu le “magicien” qu’on appelle aussi quelques fois chez nous, dans le Sud, le Mire, “le Voyant” quoiqu’il s’agisse ici d’un divin devin, ce qui est une autre de ses fonctions, plus “claire”, plus “lumineuse”…
En passant : se pourrait-il qu’il y ait un rapport avec la racine machia que l’on trouve dans gigantomachia ? Car ce fut bel et bien là une “grande boucherie” !

Autre étymologie… grecque : de magan, maga “face cachée des choses”… Il ne s’agit donc pas ici d’actes irrationnels, mais de ceux qui sont encore inconnus (cf. méta phusica) ou simplement réservés à l’initiation* et aux initiés mystes (ne jetez pas – toutes – vos perles aux “marcassins”), d’où les mustères initiatiques…
Il s’agit là d’une langue indo-européenne* et nous ne devons donc pas nous étonner de cette proposition de complément reçue par Internet @ Om :
          «« Les Hindous comme « païens indiens », 2° § dans Koenraad Elst  » Who is a Hindu ?  » Al Biruni : India, vol. 1, p. 121. Il attribue la division des hommes en sectes à nul autre que Rama. Les « Mages » sont les Maga Brahmanes, qui sont en effet des adorateurs de Surya, le soleil ; les « huit mères » sont les ashta-Lakshmî, habituellement décrites en même temps que le Sri Yantra (quatre triangles avec la pointe en haut et quatre avec la pointe en bas, entrelacés), et adorées par ex. dans le temple de Kanchi Shankaracharya. »» Mise à jour du 20 avr. 04.


Fonction première


La prévision du Temps qui passe, et du temps qu’il fera (météo), est un besoin pour l’agriculteur, pour le marin, pour le berger transhumant ou nomade et pour le voyageur, mais aussi une nécessité pour décider le déclenchement des campagnes militaires.
De même, ce qu’on nous présente comme superstition : “la lune rousse commence en avril et finit en mai”, est un repère vital pour les plantations en cette période de gelées noires, celles où les Noirauds de nos folklores de
Mai s’en donnent à cœur joie…
Mais, oserons-nous parler de magie lorsque les Irlandais, connaissant les mœurs des courlis, interprètent (grec prophêtein) leur chant pour en présager la pluie ?
Après le passage du Christianisme le pas en fut allègrement franchi ! On pourrait en dire autant du retour en hâte des fourmis vers leur colonie, du vol bas des lucioles, des mœurs des corbeaux, du braiment des ânes, du hennissement des chevaux à l’aurore* ou du cacardage des oies du Capitole. Il en est de même aussi pour les chauves-souris qui sortent plus tôt pour chasser lorsque le mauvais temps va arriver. De même du vol des oies sauvages et de tous les migrateurs saisonniers (cf. § Grues° sacrées in art. Bestiaire*). Mais, par bonheur, depuis Konrad Lorenz on a les pieds sur terrre en Europe : on parle d’éthologie !

L’attitude des Grecs : Dans le passé « La magie était encouragée et développée par la croyance largement répandue en l’existence « d’Esprits qui imprégnaient l’univers et intervenaient dans les processus naturels (cf. art. Mânes*)n, et dont on pensait qu’on pouvait les influencer par des sortilèges et des actes appropriés. La croyance en un certain type de magie diminua progressivement tandis que certains grecs se mirent à considérer que le monde était connaissable rationnellement, objet d’étude scientifique, et que l’on connut mieux les lois de la physique6… » “Dict. Oxford”, op. cit.

Cependant Aristote dans sa Rhétorique nous dit « La divination doit s’appliquer à dévoiler le passé 7, non le futur ! »

Et, après cette citation, Raynal Sorel dans Les Cosmogonies grecques (Que sais-je 2882, PUF 9) poursuit : « Champion de la “prophétie à rebours”, selon l’expression de G. Coli, Épiménide (le Crétois)n place le passé devant les yeux pour éclairer ce qui est encore derrière, l’avenir. C’est probablement à cause de cette réputation qu’Épiménide fut mandé par les Athéniens pour purifier leur cité alors ravagée par la pestilence et la discorde (626 AC)…

Et, plus loin, « Platon évoque ces charlatans (agurtai) et diseur de bonne aventure (mantéis) qui se réfèrent à une foule de livres (biblôn hamadon) de Musée et d’Orphée pour persuader les riches et les cités qu’un amalgame de sacrifices (thusiai), d’incantations (epôidai) et de jeux* (paidiai) suffit à obtenir purification (katharmos) et délivrance (lusis) de leur fautes passées (République).

La multiplicité et la futilité des “autorités” orphiques sont encore attestées par Euripide soulignant “la fumée de tous ces grimoires” (Hippolyte).Théophraste croquera le superstitieux comme le type même de client qui alimente le fond de commerce des “orphéotélestes” (Caractères). »

Chez les Romains : De là, à dire que les prêtres* étrusques ou romains prédisaient l’avenir en regardant le vol des oiseaux : certes ! Mais un à-venirmétéorologique très proche, comme nous même le faisons lorsqu’en fin d’été nous prévoyons l’orage du fait que les hirondelles volent bas… pour attraper les moucherons !
Nombre d’auteurs disent que chez ces peuples tout passait pour être prédéterminé : cherchaient-ils les lois physiques de la nature ou était-ce une attitude de soumission envers “l’inéluctable destin* imposé par les Dieux* ” ? Or, puisqu’il n’y avait pas de hiérarchie religieuse dans les paganismes*, on peut dire que tous les degrés d’interprétation durent coéxister : du plus scientifique, au plus farfelu. Ainsi :

1- Les Augures étudiaient le vol des oiseaux…

 

2- Il existait une mantique8 des fulminations célestes basée sur le culte du frêne : l’interprète de l’oracle était le Purkon. Les fulguratori appartenaient à la classe correspondante des prêtres* étrusques (cf. la Tombe de la Foudre) et leur “science” fut reprise par les fulminatores romains (ces techniques étaient aussi connues en Chaldée puisque la foudre est… vieille comme le monde)…


3- les Haruspices prétendaient lire l’avenir dans le foie d’un mouton dit-on : cette ”science” fut (peut-être) importée par les Étrusques depuis Babylone : ci-dessus des foies utilisés à Sumer pour la divination vers 2100-1700 AEC (Musée du Louvre) (cette mantique est citée dans la tardive Bible : dans Ezéchiel 21/ 26).
Mais, il conviendrait ici de se poser la question différemment pour éviter le ronronnement des multiples copies “d’idées reçues” : était-ce le début de la science vétérinaire appliquée aux ovins ? Ou bien, était-ce là, des restes dégradés des connaissances indo-européennes* de leurs cousins Hittites et Kimmériens renforcées du passage des Héraclides/ Doriens, et des balbutiements de la recherche naissante ?
Prométhée, dont un aigle dévorait le foie, était selon Eschyle “un oracle pratiquant l’haruspicine”. Il est encore ici question de “foie” ? C’était donc là un mythème important !
Savaient-ils déjà, par les blessures guerrières, que le foie est le seul organe humain capable de se régénérer ?…

Mais, peut-être s’agissait-il simplement de l’antique bronze fondu étrusque nommé “Foie de Plaisance” que nous supposerons avoir été un objet de culte :l’ancien plan de l’Atlantide* boréenne ? La figuration du Zodiaque/ Kosmos ou Cercle de l’Année (Ouroboros* qui tourne autour de “l’Île Sainte” Heligoland ?
Mais, qui le sait vraiment de nos jours avec certitude, les poètes ?


Dans la mythologie nordique : Dans l’article Runes*, 1ère # “généralités”, nous avons pu lire que « La mythologie* nordique nous dit que “les Runes* furent découvertes par Odhin-Wotan* Fimbulthulr “le terrible initié” ou “l’initié* suprême”, lorsqu’il s’était “pendu” par le pied à l’Arbre* du Monde Yggdrasil son “coursier suprême”, pendant neuf “jours”, c’est à dire pendant la durée symbolique de la gestation complète – donc “parfaite” de… sa Recherche – et durée nécessaire au parcours des neuf cercles ou heimr “demeures” des Dieux* (l’astrologie* symbolique) en y étant “Lui-même consacré à lui-même” c’est à dire “en état de transe chamanique*”, odh signifiant exalté (“plus haut, en dehors de soi”)…
En effet, “Odhin pendu à l’Yggdrasil” est une image qui évoque une description chamanique et l’on se rappellera ici qu’il était bien le seul des Ases à pratiquer la Seidhr, la magie* d’évocation des bons ancêtres morts (cf. art. Mânes*) dans une technique provoquant l’enthousiasme littéral (en théio : “dans l’esprit des Dieux”) mais, était-ce bien là, le cas ?
Car, on ne doit pas oublier pour autant l’accumulation des connaissances acquise grâce aux voyages permanents de ses assistants initiés à l’Ordre du Corbeau que symbolisent Huginn et Muninn (ou Willi et Vé avec lesquels Il forme trinêtre) – ces “messagers de tous les mondes” – somme culturelle qui avait peu à peu précédé son (pseudo, ou mystifiant) “délire onirique” et/ ou “mycénique” !… (allusion au M.y.k.o.s, pseudo-mot cryptant la présence de l’amanita muscaris(dans les “gaudes sacrées” figurées par leur cinq initiales fongiques : m.y.k.o.s.), amanite à laquelle l’oracle de… Mycènes doit tant : je n’ai donc pu me résoudre à écrire “mycologique”… ni même Mycénien, quoique ces gens originaires de Mugénès dans les Féroë auraient pu m’y inciter, mais au risque de ne pas être suivi par nos fidèles lecteurs, sur ce chemin où la géographie le dispute à la… magie !
Les Ases, ces vieux sages élus des trois Fonctions* duméziliennes, détiennent les pouvoirs de justice*, de guerre, de science, de poésie* et de magie – la magie du verbe créateur assurément – et leus parents, les Mages, étaient les membre de la caste sacerdotale et savante dans l’Iran indo-européen* ancien

Le personnage Vitt 9 qu’on présente comme “l’ancêtre des prophètes et des voyants” nordiques est, dans la Hdl 33, Vidh-olfr c’est à dire “Loup des Bois”. On pourrait aussi dire, avec un accent différent, Vith-àlfr, “Elfe-blanc”, ou Vitr-alfr “elfe avisé”, un Elfe “mage” (devin), c’est à dire l’Esprit du Grand Ase ! (Gyl 4)
Si vitt en est venu à signifier “magie, objet magique” dans les sagas – écrites après l’oppression de l’Église* – c’est dans le but de dévaloriser les Godhis, les prêtres* de l’ancienne coutume : la foi païenne. Dailleurs, Saxo Grammaticus, qui était un prêtre* chrétien, en a fait Vitolfus, un “magicien”! En France, il en aurait fait un “sorcier*” avec tout le péjoratif que colporte volontairement l’Église* sous ce mot !
Mais, l’autre racine Olfr “Loup” doit attirer notre attention : il s’agit en fait d’un initié* du Bosquet Sacré* !

Nous avons vu dans d’autres articles que nos ancêtres septentrionaux se méfiaient de cette magie, la Seidhr qui est l’évocation de l’esprit des “bons ancêtres” morts, les Mânes* du Sidh*. C’était un art “vane” que Freyja avait appris à Odhin/ Wotan*. Mais lui même était plus un philosophe symboliste qui s’intéressait à l’architecture du Cosmos qu’un chaman* : sa composition des Runes* avec leurs multiples interprétations récurrentes au niveau des trois fonctions* le démontre sans équivoque : vous pourrez voir cela dans l’article de ce nom !
C’est pourquoi nous avons pu préciser, dans l’article Celtes*, que leurs successeurs après le Déluge boréen, nos Druides « Tout Savants » étaient restés lesconseillers de nos souverains avec, ou plus souvent sans, duumvirat : le roi se réservant la décision finale – tranchant le nœud* – après propositions du « conseil des anciens », le Dag ou Diète qui n’était autre que l’antique Table Ronde chez les Celtes !
D’ailleurs, il conviendrait de préciser que cette remarque est typiquement post évangélique dans la mesure où le sens de “magie” et de “magicien” que nous connaissons actuellement était totalement confondu chez nos ancêtres avec celui de “religion*” et de “prêtres*” car, comme nous le rappelle si bien Régis Boyer, dans La Religion des Anciens Scandinaves (Payot, 1981) :
« La religion germano-nordique ne dispose pas de vocable pourreligion*”, précisément elle dit sidhr “coutume, pratique”, non plus que pour “foi”, “croire”, “adorer”, “prier” ; on ne lui connaît pas de dogmes, pas de caste de prêtres*, pas de véritables temples*. »
« Naturellement la spiritualité traditionnelle nordique rejette totalement (la) conception qui suppose que notre existence est une sorte de show-biz cosmique. La Tradition nordique reconnaît le libre arbitre à l’intérieur de notre Wyrd10 personnel et de l’Ørlög11 général. Mais le futur n’est pas davantage un hasard inconnaissable. Même s’il faut reconnaître que des catastrophes sont toujours possibles et que les processus du présent peuvent être interrompus, voire définitivement, par certains désastres majeurs prévisibles [cf. art. R&T Déluges*]n; en général les processus en cours se dirigent vers certains résultats qui peuvent être prédits.
« Les choses qui interviendront comme résultats des processus déjà en action « n’arriveront » que si ceux qui peuvent les modifier et les prévenir ne font rien. Tout ce que nous faisons est important, car chaque action, même la plus infime affecte le cours des événements. Et même la « divination » est une partie de ce processus. En divination comme en d’autres domaines, l’Art runique est une tradition vitale et vivante, qui se développe rapidement alors que de nouvelles idées sont trouvées. Aujourd’hui nous étudions, et trouvons de nouvelles perspectives, de nouveaux parallèles, de nouvelles méthodes d’utilisation des runes*. Mais, comme ces nouvelles voies se trouvent à l’intérieur de la structure traditionnelle des processus évolutifs des choses, elles sont aussi authentiques que si elles étaient extraites d’un tertre funéraire vieux de 2.500 ans. »
Ici, Nigel Pennick (in Magie du Nord, Pardès 1996..) termine en somme par une valorisation de « l’action », ce par quoi il est tout à fait dans la Tradition nordique.
Pour les Nordiques, en effet, la seule magie est celle des mots bien arrangés : la Poésie. C’est elle qui crée un monde désirable, elle qui motive, qui met en action. Si les galdr (mantras) ont une action (dite magique) c’est parce que poésie (du grec poïen) signifie “créer” et, partant, d’euphémiser le monde réel car, c’est bien connu, “l’émotion porte à l’action” – enthousiasme/ en-théio12 : pour le nordique, le seul recours en face d’un problème est donc l’action !

« Les Égyptiens acceptaient la magie de la même façon que l’homme moderne accepte la technologie – non pas la magie au sens d’une contradiction des lois de causalité mais, ainsi que l’explique Schwaller, comme le sentiment de baigner “dans une atmosphère psychique qui établit un lien entre les individus, un lien aussi explicite que l’air respiré par tout être vivant”. » C. Wilson. (cf. art. Paganisme*).

Le “cercle magique”
– comme lieu de culte – est présent dans beaucoup de facies culturels déjà à l’époque néolithique, comme mémoire ancestrale du cercle des individus qui se serraient autour du feu « sacré* »… Feu sacré, ambiance magique !

Magie et Logique 


« En magie, on tient pour vrai qu’il suffit d’un simple simulacre de l’effet désiré pour infailliblement produire cet effet (…) Après tout, les cérémonies magiques13 sont tout simplement des expériences qui ont échoué et que l’on continue à répéter uniquement parce que l’opérateur ne sait pas qu’elles échouent » Frazer.

En effet, les relations de causalité qu’imposent la raison ne sont pas de mise dans la magie : son domaine est celui d’une causalité autre, “magique”, dans laquelle les effets résultent de relations d’apparence, de ressemblance, d’analogie, de contiguïté ou de “sympathie”. c’est ainsi qu’à plusieurs reprises nous avons employé dans nos divers articles l’expression convenue de « magie sympathique » concernant l’aide qu’on pouvait croire utile d’apporter à la nature ou aux Dieux* par les rites* agricoles (dits de troisième fonction*).

« La magie est une falsification systématique de la loi naturelle, en même temps qu’une règle de conduite fallacieuse ; c’est une science mensongère autant qu’un art stérile (…) Si notre analyse de la logique du magicien est juste, ses deux grands principes se réduisent uniquement à deux applications différentes, et fausses, de l’association des idées :
La Magie homéopathique (ou imitative) repose sur l’association des idées par similitude : elle commet l’erreur de poser que tout ce qui est semblable est identique.
La Magie contagieuse repose sur l’association des idées par contiguïté : elle commet cette autre erreur de poser que les choses qui ont été une fois en contact restent toujours en contact.
« On comprendra les deux espèces de Magie sous le terme général de Magie Sympathique14 ; toutes deux en effet présupposent que les choses agissent à distance les unes sur les autres par une sympathie secrète, dont l’impulsion se transmet des unes sur les autres au moyen de ce que nous pouvons concevoir comme un « éther invisible »… »
Et, Frazer poursuit d’une manière fort intéressante, sur une centaine de page, en mélangeant ses énormes connaissances de toutes les cultures du monde 15(quoique ce mélange rende souvent ces travaux peu signifiants, tout au moins pour les préoccupations européennes qui sont les nôtres en cette étude des origines de
l’Arbre de Mai).
Cependant, il précise par ailleurs : « Les principes de l’association des idées sont excellents en eux-mêmes et, en vérité, absolument essentiels au fonctionnement de la pensée humaine [cf. les Jeux* de mot]n. Leur application légitime produit la science. C’est donc un truisme, presque une tautologie, que de dire : toute magie est nécessairement fausse et stérile ; si elle devait jamais devenir réelle et féconde, ce ne serait plus de la magie, mais de la science. »

Plus loin, il remarque que : « La magie s’adresse souvent à des Esprits, qui sont des agents personnels, pareils à ceux qu’admet la religion* ; mais elle les traite exactement comme elle traite les agents inanimés [et en ce sens elle est pré scientifique quoique inadaptée]n ; c’est à dire, elle essaie de les contraindre et de les forcer [et en ce sens elle est une technique inadaptée des « forts »]n, et non pas, comme le ferait la religion [au sens conventionnel]n, de se les concilier [de les manipuler, ce qui est la technique des « faibles », des « malins »]n. »
Il note aussi que les plus compétent des « magiciens” peuvent accéder à la royauté, tels Odhin/ Wotan* le Grand Ase, ou Isis, et Marduk… :
« Forcément, ceux qui pratiquent cet art doivent être des personnages d’importance et de grande influence dans toute société qui ajoute foi à leur prétentions extravagantes ; et il ne faudrait pas se montrer surpris si, grâce à la réputation dont ils jouissent et à la terreur qu’ils inspirent, certains d’entre eux atteignaient les plus hauts degrés de l’autorité sur leurs crédules compatriotes. De fait, semble-t-il, les magiciens sont devenus des chefs et des rois… »
En fait, c’est grâce à tous leurs « trucs », manipulations (prestidigitation16 ), illusions, philtres, suggestions, hypnotisme, et même ventriloquie, mais aussi à l’utilisation des faits naturels dont l’observation méthodique permet de « prévoir » leur inéluctable déroulement et ainsi de mystifier ses semblables (halos, labaron, éclipses, etc.) mais, la peur qu’ils inspiraient était aussi un élément important de leur pouvoir et de l’efficacité des suggestions car :

          Ce sont toutes ces techniques qu’un souverain « adulte », observateur et clairvoyant, se devait de percer à jour, certes, mais aussi d’utiliser à son profit pour la domination d’un peuple avide de merveilleux (c’est toujours « l’opium du peuple » qui nous revient avec un nouveau sens, manipulateur !) : d’où l’élévation sociale du magicien public jusqu’à la Cour, et même à la royauté !
Nous pensons que ce sont souvent aussi des rites* dégradés qui ont été conservé et qui se référaient à des mythes* perdus ou incompris dans la culture qui les véhicule encore. La “magie égyptienne” en est un exemple caricatural !
Sont donc considérés comme de la magie, ces actes non rationnels soumis au seul pouvoir de la parole : les Charmes17, les Oracles, la “Divination” de l’à venir

          Une précision intéressante de J. Cazeneuve (1971) : « Quand à la différence entre les rites* religieux et les rites magiques, soulignons que la magie est marquée par un désir de domination grâce à des forces spéciales, cosmiques, tandis que la religion se tourne vers la transcendance. Les rites religieux opèrent dans le contexte des hiérophanies alors que les rites magiques font appel à des puissances sans relation avec le sacré* (kratophanie). » Vision post chrétienne, bien sûr…

« Un homme qui croit qu’il peut influencer la nature et capturer sa proie grâce à un rituel magique possède un sentiment de contrôle sans précédent. Il sent qu’il a en quelque sorte trouvé la clé pour devenir le maître de la nature plutôt que son esclave. La vie cesse de devenir un combat de tous les instants pour survivre, où la victoire, bien souvent, n’est acquise que de justesse. Il a entrepris un révolution psychologique qu’on pourrait appeler la révolution du sens. » C. Wilson.
 D’où l’expression : “marcher sur la tête” !

Ce n’est pas parce que nous ne croyons plus en la Magie qu’il faut méconnaître son rôle passé : qu’il soit positif ou négatif :

Positif
 : l’homme primitif imprimait ainsi profondément son “vouloir” dans le temps futur et cette mise en (auto)condition favorisait grandement l’efficacité de sa chasse et surtout conditionnait le groupe pour une réussite communautaire*. Si cela n’était qu’apparence de causalité, du moins cela marchait au niveau du groupe, toutefois, si le gibier était là ! Mais cela, le chaman* le savait, lui qui avait hérité ou acquis les connaissances nécessaires, la “pré-science”… mot dont on a fait un nouvel universel platonicien induisant la “divination magique”…

Négatif
 : mais, en manipulant son clan*, le chaman ne l’éduque pas, il le mystifie pour accroître son pouvoir personnel. La culture élémentaire qu’ils avaient acquise risque alors de dégénérer (superstitio). Inversement, s’il éduque son clan – c’est l’initiation* – il  crée un nouveau pas évolutif : le Savoir communautaire*… qui progresse plus vite que l’addition de ses éléments. Et, c’est alors parmi les “meilleurs” que sa communauté cherchera son nouveau guide (cf. art. Aristo*-démocratie) qui saura éduquer les autres (initiation)…


Une science balbutiante ?


Aux tout débuts de ces sciences naturelles, les présages dans le ciel sont de l’aéromancie 18, l’observation de la foudre est la science fulgurale : ce sont là des observations pré scientifiques, des signaux commodes, dont la régularité est gage d’exactitude, encore convient-il que le “devin” soit un observateur rigoureux et qu’il soit sérieux, qu’il ne cherche pas à mystifier son auditoire !


La magie n’existe pas…en tant que technique efficace
, mais elle a néanmoins existé en tant que rites propitiatoires ou techniques divinatoires, tout au moins dans l’esprit de ceux qui souhaitaient son efficacité et de ceux qui la craignaient, car les sorciers et autres magiciens n’ont aucun pouvoir sur ceux qui ne les considèrent que comme des mystificateurs !
Attention, il faut bien s’entendre sur le sens que les uns ou les autres donnent à ce mot : ou ce sont les actes et les rites* de “ceux qui savent”, les magéiroï et nous étudierons ces éléments pré scientifiques avec attention ; ou c’est de pataphysique et de mystification dont il est question, et nous renverrons ces prestidigitateurs à leurs chers tréteaux, avec les histrions de cafés-concerts ou de la politique spectacle !

Les Oracles


Et pourtant les oracles existaient, au moins depuis Hercule qui leur donna ou leur emprunta ce nom. Qu’en est-il donc de la divination ? Remarquons d’emblée que si cet Art est « divin », c’est qu’il à rapport avec *Diew « Ciel Diurne », c’est donc essentiellement un art d’éclaircissement, de clarification, ce qui en fait un art « astral » :
« 
La divination est une action sur le Temps. C’est un moyen de définir le caractère et les qualités du temps présent, de discerner les processus courants au moment présent, et les tendances et développement potentiels de ces processus dans le futur. Quand la divination est vue comme « dire l’avenir », c’est une interprétation simpliste, comme si le « futur » était la page suivante dans un livre déjà imprimé, ou la prochaine piste d’un disque. C’est un point de vue fataliste d’imaginer que nous n’avons pas de libre arbitre, mais que nous sommes des robots programmés dans une sorte de film dont la raison d’être serait vraisemblablement de distraire des êtres invisibles au bénéfice desquels le spectacle aurait été monté. » Nigel Pennick.

Les Grecs connaissaient deux sortes de divination, la dionysiaque et l’apollinienne, qui semblent correspondre à leurs deux tempéraments fondateurs que Nietzsche mit si brillamment en vedette, et correspondant à deux fonds de population, les Celtes et Pré-celtes face aux nordiques Doriens (cf. en parallèle, l’article Guerre de Fondation* des Ases et des Vanes)…

« À Rome, les auspices tiraient les virgae (verges) : petites baguettes composées chacune d’une lettre différente, afin d’interpréter l’avenir » (cf. le rite du tirage des runes*19 ) et cette racine virga se retrouve dans le  patronyme du célèbre poète Virgile.
Cicéron, bien qu’il fut augure lui-même, écrivit De Divinatione pour démontrer la fausseté de… la divination !
De même, sans parti pris pour ou contre, nous avons pendant de longues années mené nos recherches d’une manière neutre, en quelque sorte phénoménologique. Mais nos conclusions nous ont amené à considérer qu’il n’y avait en tout cela que confusion d’esprit, si ce n’est mystification consciente de la part des profiteurs de la simplicité des hommese : le problème ne devrait pas résister à une étude sincère, à un éclairage honnête ! »

 

“Sacra” et “Casta”

Arrivés ici, il est temps de préciser quelques concepts :

-1/ ce qui est mystérieux doit être élucidé et nous le pouvons toujours avec la réflexion et la formation adéquate peut y aider : une quelconque formation comporte forcément des degrés, et dans un sens, elle est toujours initiatique*. Entourer cette initiation de mystères peut créer des motivations d’études et valoriser le Maître : on sait que le respect – par l’estime – favorise la qualité des études mais, comme le dit notre ineffable ami Euphronios Delphyné : « nous n’avons pas besoin de “mystes20 de banlieues”, de “gourous de HLM” et de “marabouts de bidonvilles” pour nous mystifier ! »

-2/ Ce qui est vital est sacré* ! Donc certains actes, certaines fêtes*, certains rites* qui commémorent les mythes* de la survie de la communauté* sont éminemment sacrés ! C’est le sens du mot latin Sacrum. Et, en opposition, presque en négatif en somme, on a Castum qui est une obsession de la pureté 21 quand on commence à oublier les initia (commencements) de sa culture qui dégénère.

-3/ Nous utilisons donc dans beaucoup d’articles de cet ouvrage les “mots techniques” sacra et casta22 pour qualifier ce dont nous parlons


Un des traits caractéristiques de nos ancêtres est qu’ils ne voulaient pas que l’on prenne la lettre pour l’esprit23 , le logos pour le mythos. C’est la raison pour laquelle une “création” moderne qui s’inspire de leur esprit vaut mieux qu’un rabâchage des résidus de la “lettre”, traduit et trahit, surtout après son passage par la plume d’oie de clercs† peut soucieux d’un autre “esprit” que celui de leur Église* 24
.

Lorsqu’un rite* n’est plus spontané, n’est plus compris, il n’est plus sacré* : il se réduit à un ensemble de pratiques, de recettes, de “trucs” auxquels il ne faudrait pas déroger sous peine de malédiction25, ainsi dans le cas des castes, mot qui pourtant signifie “pures” en latin, on ne perçoit plus que l’interdit moral ou social. Le paraître prend le pas sur l’être, le spontané : on n’agit plus, on est agit par un réseau d’interdits, par le “qu’en dira-t-on” et l’on ne peut plus alors inventer l’à–venir!

C’est ainsi qu’à Rome, la communauté d’origine ayant perdu son sang aux quatre coins de son immense empire, la lettre prima l’esprit – qui seul est créateur, poïétique ! L’Empire est donc mort26 de ne plus être nourri par ses propres racines…

Alors débuta la “magie” :


« 
Magicien : Illusionniste qui produit ses effets au moyen d’accessoires truqués.
        Magie : 1. Ensemble des pratiques fondées sur la croyance [latin superstitio] en des forces surnaturelles (?) immanentes à la nature et visant à maîtriser, à se concilier ces forces.
2. (se dit aussi des) effets comparables à ceux de la magie ; puissance de séduction, d’illusion. Ex. : La magie des mots.
3. Magie noire, magie blanche : magies respectivement mises en œuvre pour le mal ou pour le bien. » Dictionnaire Larousse.

Cela concerne une “Magie” dans laquelle il y aurait causalité entre les actes, les causes apparentes et les effets physiques sur le monde et les hommes, ce qui est le propre des rites dits de “sorcellerie”.
Ce glissement de “sacra” à “casta” est une dégénérescence certes, mais il est aussi la nourriture préférée des individus qui en sont encore à la mentalité magique, c’est à dire infantile, donc pré logique, ou à la préhistoire de l’évolution et de la pensée (on est loin ici du “surhomme” qu’annonçait le Zarathoustrade Friedrich Nietzsche).
Comme exemple de cette dégénérescence du “sacra” en “casta” et, par conséquent, de l’énorme différence qui existe entre les intentions (sacra) qui président à l’établissement d’un rite* d’action de grâces ou de commémoration, et les résidus de croyances ou superstitions (casta), citons :

En Égypte :
Dans un (long) passage du Rameau d’Or, Frazer (III, 216) explique ce qu’étaient les croyances des Égyptiens en ce qui concerne le porc :
« Elles reposaient sur l’idée de l’extrême sainteté, plutôt que sur celle de l’extrême impureté de l’animal ; ou plutôt et plus exactement, elles impliquent que l’on regardait l’animal, non pas simplement comme une créature malpropre et dégoûtante, mais comme douée de grands pouvoirs surnaturels ; et que, par suite, elle était l’objet de ce sentiment primitif de terreur et de respect religieux où la vénération et l’horreur se confondent [tabou]n.
« Les anciens eux-mêmes paraissaient s’être rendus compte qu’il y avait autre chose que l’horreur dans les sentiments que le porc inspire aux Égyptiens. Car l’astronome et mathématicien Eudoxus, qui résida pendant quatorze mois en Égypte, où il s’était entretenu avec les prêtres, était d’avis que les Égyptiens épargnaient le porc non par aversion, mais par égard à son utilité dans l’agriculture ; selon lui,
quand le Nil s’était retiré on lâchait des troupeaux de porcs sur les champs pour que leurs pieds enfoncent la semence dans la terre humide (!)
« Mais quand un animal est ainsi l’objet de sentiments mêlés et implicitement contradictoires, on peut dire qu’il occupe une position d’un équilibre instable.
Avec le temps, l’un des deux sentiments opposés doit vraisemblablement prévaloir sur l’autre ; et suivant que celui qui prédomine en fin de compte est la vénération ou l’horreur, la créature qui en est l’objet s’élèvera au rang de dieu ou tombera à celui du démon 27.
« C’est là, en somme, le sort qui attendait le porc en Égypte. À l’époque historique, la crainte et l’aversion qu’inspirait le porc semblait certainement l’avoir emporté sur l’adoration et la vénération dont il avait sans doute été l’objet autrefois, et dont, même déchu, il n’a jamais perdu toute trace. il en vint a être considéré comme une incarnation de Seth ou de Typhon°28 , le diable égyptien et l’ennemi d’Osiris. Car c’est sous la forme d’un porc noir que Typhon blessa à l’œil le dieu Horus, qui le brûla et institua le sacrifice du porc, Râ le dieu du Soleil ayant déclaré la bête abominable.
« De même, le récit d’après lequel Typhon chassait un sanglier quand il découvrit et mutila le corps d’Osiris, et d’après lequel c’était pour cela qu’on sacrifiait des porc une fois par an, est évidemment une version modernisée d’une histoire plus ancienne, selon laquelle Osiris, comme Adonis et Atys [qui étaient des dieux “récurrents” du printemps cosmique]n, avait été tué ou mutilé par un sanglier, ou par Typhon sous la forme d’un sanglier. On pourrait donc naturellement interpréter le sacrifice d’un porc à Osiris comme une vengeance que l’on ferait subir à l’animal hostile qui avait tué ou mutilé le dieu*. Mais en premier lieu, quand ou tue ainsi un animal en vue d’un sacrifice solennel, une fois et une fois seulement par an, cela signifie en général, ou toujours, que l’animal est divin, qu’on l’épargne et qu’on le vénère tout le reste de l’année en tant que dieu, et qu’on le tue aussi en tant que dieu. »
On pensera bien sûr au sacrifice permanent du sanglier nordique Gullinbursti aux soies d’or lors du Grand Festin quotidien des Einherjaer dans la Walhalla, ou de sa présence traditionnelle lors de l’actuel festin annuel pour Jul, le Solstice d’Hiver, en attendant la Neu Helle ou “nouvelle clarté” (épiphania)…

En Grèce : James Frazer, toujours, in Les Dieux* du Ciel, À la fontaine voisine du Mont Lycée (Lukaion, “Du Loup”) où avait été élevé Zeus :
« survenait-il une sécheresse prolongée, le prêtre de Zeus lycéen se tournait vers l’eau et priait. Après avoir prié et offert les sacrifices rituels, il inclinait la branche d’un chêne vers la surface de l’eau sans l’y plonger. De l’eau ainsi frôlée s’élevait une vapeur légère. En peu de temps, la vapeur devenait un nuage qui, attirant d’autres nuages amenait la plue sur la terre d’Arcadie. »
Ô miracle ! Dans lequel nous verrons un phénomène météorologique naturel aisément identifiable et annonciateur de la pluie : la température de l’air change sous l’influence d’un “front froid” météo d’où la vapeur qui se forme, l’hygrométrie augmente, les nuages se condensent, le “plafond” descend brusquement : c’est la pluie ! Les auspices/ haruspices se contentent d’observer ces phénomènes annonciateurs et répétitifs et… mystifient leur entourage (pas forcément consciemment). Les “prières” ne sont ici que des souhaits ou un décor et elles n’ont aucune action méta-physique*, mais si le phénomène – pré-visible – survient, alors elles étofferont la mystification !
« Et si ça foire ? Vous savez-bien : “Mes frères, nous n’avons pas prié avec assez de conviction ! » Euphronios Delphyné.
Retricoté dans les contes séculaires on retrouve le rite* dans la mythologie galloise (cycle d’Arthur) : « Le chevalier Kynon (Calogrenant29 dans le roman français) puise de l’eau dans une corne de buffle, la renverse sur la margelle et détermine ainsi l’orage. » Sébillot.
« Aux environs de 1925 encore, le clergé catholique de Paimpont se rendit à Barenton pour demander de la pluie. » Maen Névéz, La Fontaine de Barenton30, revue Druvidian° 3.

Magie et religion


« Dans l’évolution mentale de l’humanité, un âge de magie à précédé un âge de religion* ; et la différence caractéristique entre la magie et la religion réside dans le fait que la magie vise à la maîtrise directe de la nature, tandis que la religion vise à la maîtrise indirecte par l’intermédiaire d’un ou plusieurs êtressurnaturels à qui l’homme demande aide et protection. » James G. Frazer, Le Rameau d’Or, Laffont, 1981.
Revenons à cette définition : elle n’est pas fausse mais, dans sa deuxième partie, elle fait référence à la religion au sens des pratiques rituelles des membres de la troisième et, partiellement de la seconde Fonction* c’est à dire de ceux qui attendent quelque chose “d’entités” et qui, dans le fond, sont encore un peu dans la mentalité magique de leur enfance psychologique car :

          Il faut préciser que le système initiatique en vigueur dans la société antique faisait que n’étaient “montés en première Fonction*” que les plus “sages” de la communauté*, les Ases* en un mot, ceux qui avaient suffisamment de compréhension personnelle et de connaissances pour savoir qu’il ne s’agissait là que de concepts imagés et qu’on ne peut espérer obtenir un résultat que de ses actes, dans la mesure où l’on a mis toutes les chances de réussite de son côté, en déterminant et en obéissant aux lois naturelles et ce, dans les limites des aléas : c’est cela le destin*.

Nicole Belmont, dans son Introduction au Rameau d’Or de Frazer, fait remarquer que, pour lui, une : « séparation entre magie et religion* pose une différence de nature entre ces deux types de rapport au monde, mais ne les isole pas dans le temps : s’il y a de la magie sans religion, parce que la magie est première31 il n’y a pas de religion sans magie, du moins pour les religions primitives ou antiques, au contraire il y a toujours une rémanence de la magie dans la religion. [souligné par nous]n
« La démarche typique de Frazer est de supposer que la magie, comme la science, est une application du principe de causalité, mais n’en est qu’une application erronée. […]
« L’évolution que postule Frazer et qui va de la magie à la science en passant par la religion, n’est pas unilinéaire. Un tissu formé du fil noir de la magie, du fil rouge de la religion et du fil blanc de la science, se présenterait, au cours de l’histoire de l’humanité, d’abord comme blanc et noir, puisque la science est d’une certaine façon plus proche de la magie que de la religion, car elles postulent toutes deux un ordre naturel, ensuite comme envahi de rouge, enfin de plus en plus éclairci par le blanc. Deviendra-t-il un jour complètement immaculé ? Frazer avoue son incapacité à le prédire ? » 32
Comme il a raison ! puisque cet esprit magique est venu en premier dans notre esprit d’enfant. Et, quelles que soient nos études, il en demeure toujours un résidu dans notre psychologie : toujours prêt à nous faire tomber dans la tentation d’un souhait, d’une prière… “Mon Dieu*, faîtes que… “


Après l’Évangélisation :

          « La foi ancienne, sans autorité ésotérique33 [celle des Ases]n, s’enfonce dans la superstition, la sorcellerie, le fétichisme, comme on peut le voir dans la croyance aux sorcières* et dans la pratique du sabat. » Guido von List, La religion des aryo-germains sous son aspect ésotérique et exotérique, Vienne, 1910 (Armanen-verlag)..


Ainsi le Cœur de Hrungnir ci-dessus, qui représente les trois triangles équilatéraux entrelacés, ou la trifonctionnalité dumézilienne, le tritogénéia des pythagoriciens et le symbole* de l’eunomia ou “bon ordre” de la communauté*, fut-il nommé par l’Église*, dans la tardive tradition scandinave, du nom deTrénidh qui était « un motif injurieux (sic) sculpté dans le bois » (dict. Simek).
On comprend mieux dès lors la disparition des centaines (de milliers) de nos pièces archéologiques européenne sous l’action des “Zélés-saints-Martin-de-banlieues”, comme les appelle Euphronios Delphyné.
Outre l’adjonction d’un sens péjoratif au mot superstition vu plus haut, nous est aussi arrivé la condamnation biblique de la « magie d’évocation des morts ». Elle intervint après la transformation en superstitions du culte des Ases ou Sages Ancêtres, les Mânes*, quand “l’esprit” clanique (sacra) qui présidait aux cultes fut oublié et que seule « la lettre » (casta) du rite*, réputée efficace par un sacerdoce intéressé (“ça sert d’os!” nous dit E.D.), était restée : c’était déjà le cas à Rome où les croyances des Étrusques s’étaient fortement dégradées = superstitio.
Mais, cet abandon du
recours à l’opinion (supposée) des Sages Ancêtre fut ensuite récupéré et chrétiennement perfectionné par l’adoption du culte des saints, les Saints Pères de la nouvelle, exotique et intolérante Église* : qu’est-ce donc, si ce n’est un macabre culte des morts, en paticulier par décœurantes reliques ! Nous n’étions que déculturés, nous allions être de plus orphelins et sans conseils pragmatiques (mais pas sans interdits… ni illusoires intercesseurs)…

Dans la Bible (Chroniques II, 6) cette condamnation s’adresse aux pratiques générales de la magie qui viennent de l’Orient : « Car Tu (Jéhovah) as abandonné ton peuple, la maison de Yacoub, parce qu’ils sont pleins de l’Orient. » Cela pourrait donner à penser qu’un courant plus “pur”, plus « lumineux », occidental venu de leur rameau Ebro/ Éburon (Hébreu) ou Philistin (Doro-Héraklides), si ce n’est Cananéen (“ceux du canot”), s’opposait à ce courant oriental égyptien ou mésopotamien. Du fait de leurs origines “tripodes” : la Thorah est pleine, à souhait, de ces contradictions…
On sait en effet que les Mésopotamiens, comme les Égyptiens n’avaient plus, concernant les explications des phénomènes de la nature, que des « croyances »/ apparences distillées par le sacerdoce à son profit34. De plus, pour les Hébreux, une phrase malheureuse de la Genèse devait les tenir éloignés de la recherche des causes des divers phénomènes de la nature car, pour eux, “l’arbre de la connaissance » – qui n’avait pas encore été christianisé en pommier d’Avallon – était tabou35 et, de là, par le système des interdits et des préceptes, une stérilisation culturelle était à craindre ! Le Christianisme – son héritier direct – allait faire ce faux-pas36 pendant… quinze siècles (pour le moins37 … puisque cela perdure aux USA38 “phare du Monde”) !

Précision concernant les Charmes :


Nous l’avons précédemment vu, le mot vient du latin carmen “chant (aria), poème, réponse d’un oracle, pré-diction, enchantements, formule religieuse ou judiciaire, sentences morales en vers” :
Ainsi, les formules poétiques célébrant la nature, symbolisant ses aspects, par ex. l’Abondance* Vortumna, créèrent des abstractions qui devinrent des Dieux* tel Fortuna dans ce cas.
Mais des injonctions, telles le second Charme de Merseburg qui pousse à l’action libératrice purent, par abus de langage, être considérées comme “censées délivrer les captifs de leurs liens” : « insprict haptbandum, invar vigandum » “échappe-toi de tes liens, fuis tes ennemis”. S’il y a de la “magie” là-dedans c’est celle de la suggestion qui libère de l’effroi ou (et) de la passivité résignation ; chez l’homme d’action, l’autosuggestion/ “Visualisation” joue en permanence le même rôle mais, foncièrement positif !
Remarquons que ce “charme” est rapporté par un chrétien – étranger ou déraciné : il n’en comprenait pas le sens ou… dénigrait systématiquement. Merci à lui cependant de nous avoir transmis cette “critique” de Nos ancêtres que nous avons eu un grand plaisir à décrypter pour nos fidèles visiteurs Internet !!!

Déviation des Charmes


Si, au Moyen-Âge, nos paysans étaient restés au niveau de la « pensée magique » (suivant l’expression consacrée) c’est faute de l’instruction à la culture traditionnelle selon les trois Fonctions* que pouvaient leur apporter autrefois leurs Ases° et, après le Déluge* nordique – le Ragnarök/ Gigantomachie – leurs Druides*…
Dans leur naïveté, ils crurent observer des causalités entre leurs rites résiduels et diverses actions concourantes qu’ils observaient dans la nature car il est bien connu que l’on ne remarque que ce qui était remarquable et que, par suite, on ne retient que ce que l’on souhaite (même inconsciemment) voir arriver : il y a là un phénomène de statistique d’apparence qui fait la fortune des astrologues*-horoscopistes et des « gourous de banlieue » et ce sont ces « croyances » dégradées qui furent traduites par le mot latin superstitio39 !

« Nos paysans crurent donc que les charmes employés avaient pour but de faire reverdir les bois, pousser l’herbe nouvelle, sortir le blé, épanouir les fleurs. Il était naturel, pour eux, de supposer que plus le simulacre de mariage des masques vêtus de feuilles et décorés de fleurs imitait le mariage réel des esprits du bois, plus le charme serait effectif. Ainsi pouvons-nous imaginer avec assez de vraisemblance que les dérèglements qui accompagnaient les cérémonies étaient, à l’origine, non des excès accidentels, mais une partie essentielle des rites et que le mariage des arbres ne pouvait être fertile sans l’union réelle des sexes* humains. » Frazer.

C’est précisément cela que nous retrouvons d’une manière symbolique dans la première partie de cette étude sur les Fêtes folkloriques du 1er Mai, dans le chapitre Le Festival d’Aspremont

La sorcellerie


Cet enfant de l’Église, est souvent présentée ainsi :
« La sorcellerie est une religion inversée ! » Michelet.
Ce serait donc « une pratique qui inverse tous les rites chrétiens, une religion* du Diable. » (cf. § dans notre article Église*)
Il faut remarquer ici, qu’avec cette formulation, la référence n’est que chrétienne – elle ignore sciemment toute foi ou toute culture antérieure, évidemment différente – et, en matière d’inversion, les hommes d’église sont des experts (cf. notre art. Sorcières*).
C’est la raison pour laquelle il faut utiliser tous les documents traitant de la sorcellerie et des superstitions, sous la condition expresse de les inverser à nouveau en les éclairant de la lumière claire, « solaire » – *Diew – venue de l’ancienne culture, c’est à dire du Paganisme* européen : l’Asa Tru c’est à dire “la… fidélité aux ses”…

« La magie dégénérée invente une cause erronée (la sorcellerie) laquelle, en tant que telle, est susceptible d’une intervention corrective (la contre-sorcellerie). Elle s’applique donc à un objet inexistant. Au contraire, la magie “authentique” (“scientifique” si l’on veut) sera celle qui s’appliquera à un objet réel, clairement perçu. Celui-ci ne sera pas le milieu, mais bien la psyché humaine. La magie visera alors a mettre au point une psychotechnique, qui ne prétendra pas corriger les événements, mais simplement mettre l’homme en condition, soit de supporter sans angoisse excessive les pressions hostiles d’un univers qu’il n’aura pas dominé, soit de donner libre cours à certains de ses instincts, en réprimant certains autres, afin de le rendre apte (ou plus apte) à une quelconque entreprise. Avec ce type de magie, l’homme se manipule lui-même. Il se donne une “nature choisie”, et réussit son hominisation. » Giorgio Locchi, in revue Nouvelle École, N°17.

N’est-ce pas là l’objet des Mythes* qui sont ainsi créateur d’une culture qui, corsetant l’homme, lui donne une autre nature, voulue celle-là, “sur-humaine” selon l’excellent expression de Nietzsche ? Nous disons par ailleurs quelques mots d’une très intéressante méthode de “conscientisation” appelée “La Pensée Créatrice”. Mais est-elle suffisante pour créer ce “surhomme” cher à l’ami Friedrich ? Jean Rostand préférait, en bon biologiste de terrain, nous parler d’une autre voie pour y arriver :

Récapitulons :


Il y a donc deux sens au mot magique :
– 1/ c’est le qualificatif des activités du mage/ Magéiros, le Grand Ase (le Magicien d’Oz des Britanniques), le “tout savant” ou Druide*, devenu Mire40 et Mage…
– 2/ cela caractériserait la pratique des rites* païens dits sorcellerie dans un monde post évangelique…

– l’un
est du domaine du “sacra” (sacré*), du sens profond, de “l’esprit” d’origine qui conditionne le rite* du clan (et sa pureté/ fidélité implicite) !
– l’autre l’ignore et ne respecte plus que les apparences tardives, “la lettre” et est donc du domaine du “casta” (pureté. d’apparence), du strict respect des actes rituels pour ce qu’il en reste dans une communauté transformée, il dérive donc en… superstition !

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La résurgence de la “Magie” : une simple mode ?


« Le mot “magique” est la dernière mode dans l’histoire de l’esprit. Nous qualifions de magiques toutes expressions concrètes des cultes des religions antiques, des idées antiques sur le divin que nous connaissons mal et comprenons mal. Car, si nous voulons être parfaitement honnêtes, nous devons reconnaître que nous ne savons rien du niveau culturel, du niveau de développement spirituel de ces cultures dites tribales et primitives. Et personne n’a pu encore prouver qu’il n’y avait “aucun alphabet dans le néolithique, encore moins dans le paléolithique” et que les vestiges de cette époque ne contenaient aucun signe d’écriture*. » [cf.ecriwirt.pdf / art. Écriture*]
Le Hollandais Herman Wirth écrivait déjà cela dans les années vingt, mais un survol des publications de ces dernières années montre une recrudescence effarante de l’utilisation du mot – au moins dans les titres, car… “cela fait vendre” !
Cette mode fut probablement propagée par quelque émission racoleuse de Télévision sur l’astrologie*-
horoscopie, la sorcellerie, le Vaudou, les désenvoûtements (astucieuse technique de l’Église* qui conforte l’idée que l’envoûtement – donc la sorcellerie – existerait)41, et elle fait l’affaire des manipulateurs de tous poils, depuis ceux du négoce jusqu’aux sectes (toutes, même et surtout celles qui sont “agrées” par l’usage ou l’intérêt servile), en passant par quelques politiques qui, pensant vraiment que “la religion* est l’opium du peuple” et prenant cette sentence comme un principe de manipulation aux fins de domination (et non plus pour une critique comme autrefois) ont intérêt à l’ajouter à la célèbre devise romaine : Panem et circenses “Du pain et les Jeux de Cirque !” !

« La sorcellerie paysanne n’est qu’une forme totalement dégénérée des cultes anciens. Vouloir la ressusciter est une mauvaise démarche, qui consisterait à remettre à l’honneur une masse de superstitions42, parfois dangereuse pour la santé morale des esprits faibles qui y succombent. Ersatz de spiritualité, la Wicca43 est bien de son temps, du “Nouvel-Âg”. Elle tombe à pic pour les foules déboussolées de la société libérale avancée… » Christopher Gérard, in revue Antaïos).

Remarquons bien ici que la description de ces rites de sorcellerie par les inquisiteurs avait pour but de se fournir des alibis pour brûler vifs nos sourcières, herboristes et « rhabilleux », et d’éloigner d’eux le petit peuple resté fidèle au vieux “savoir” druidique des campagnes. Parler de ces rites de sorcellerie, de ce fatras “magique” qui semble être “à la mode” aujourd’hui, tout au moins à la télévision où l’on préfère le sensationnel à la réflexion et l’éducation, c’est toujours poursuivre le même procès en diabolisation* de “l’ancienne coutume”, nous ne nous y prêterons donc pas


Re-former son esprit ?


De ce fait, il conviendrait sans doute que ces fariboles soient rejetées par nos concitoyens eux-mêmes, car il n’est pas question de censure : on sait où cela commence et l’on peut deviner où cela finira : Big Brother !
C’est donc affaire de formation, de réflexion et de choix individuels.

Pour la formation, il y a deux attitudes possibles en matière de pédagogie :

– ou bien l’initiateur à tenu un raisonnement “logique”, donc scientifique et, s’adressant à des esprits “enfantins”, il a fait des parallèle pour les aider à comprendre ce qui ne leur est pas encore accessible sans un outillage logique ou (et) culturel préalable. Il a donc utilisé des phrases dans le genre de “c’est comme si…” mais, par ce procédé analogique il a induit une compréhension partielle, approchée “par analogie”, et donc susceptible de conforter quelques fois la mentalité… magique. Cela suppose donc un enseignement par niveaux pour passer ensuite au stade logique et développer le sens critique. C’est cela le propre de l’initiation* continue

– ou bien l’instructeur en est resté lui-même à la mentalité magique, infantile – c’est bien souvent le cas des parents (en particulier), mais ils ne sont pas les seuls – et il a propagé lui-même ce type de fausse science. Bien sûr, dans cette micro-société familiale on croira dur comme fer à ces erreurs. Il en est de même dans certaines communautés, écoles, collectivités ou églises et sectes (ce qui est un pléonasme) puisque, par principe, la “foi” interdit toute reflexion, toute autocritique…


L’élimination de l’esprit magique suppose alors un travail d’approfondissement perpétuel et la possibilité d’accéder à une culture – certes vulgarisée – mais de bonne qualité, d’où l’importance d’un programme scolaire agréé obligatoire, même dans les écoles privées44. Or, les mass média, préoccupés par l’audience (vendre du papier, vendre de la publicité, donc vendre des abonnements) cherchent une rentabilité qui n’est pas compatible avec les préoccupations de bon père de famille qu’ont la majorité de nos enseignants 45. Cela produit un hiatus culturel, une société à deux niveaux, puis un manque de consensus qui finira par détruire la communauté*

Il convient donc de prendre avec circonspection les mots “magique” dans nos divers articles mais surtout dans toute autre de nos lectures anciennes et modernes :

– Ou bien il s’agit du sens de “sorcellerie”, et le concept est post évangélique, donc dévalorisant, et nous ne porterons d’autre intérêt à la chose que pour y trouver matière à nos reconstructions mythologiques en les inversant…

– ou bien il s’agit d’une brume de myste (“initié”) qui, excitant votre curiosité, vous poussera à passer d’une “explication” béotienne, analogique ou exotérique, à une “révélation” ésotérique, ce qui ne sera jamais que le degré suivant dans vos chères “études initiatiques” et, comme il est excitant de faire partie des happy fews, vous prendrez alors le risque de vous voir “embarqués”, les dieux savent dans quelle aventure… sectaire !


Des réalités méta scientifiques ?


Qu’on ne nous fasse pas dire pour autant qu’il n’existe pas de techniques pour augmenter l’état de conscience, d’imagination, de méta conscience, d’inconscience, de sommeil et d’autosuggestion. La science du “Respir”, chez les Mazdéens perses et les Fakirs hindous par exemple, devrait être étudiée avec le plus grand sérieux scientifique car, s’il existe des techniques de maîtrise du corps, de ses organes, de la santé par le travail de l’esprit, il faudrait les réintégrer à notre culture moderne qui en a le plus grand besoin.

Citons encore les mantra chantées 46, et leurs répétitions – les galdr en norois – dont certains sons ont une action apaisante ou excitante, énergisante ou angoissante au niveau de la nuque donc du cerveau, ou du diaphragme donc de la vitalité et aussi des organes génitaux donc de l’émotion. Cela est voisin des techniques du “Respir”. On sait l’importance du “Om mane padme hum” bouddhique pour atteindre l’état de méta conscience ou d’oubli de soi (?) qu’on appelle Nirvana 47.
Mais il importera de se poser la question : cet état est-il une bonne chose ?…

Mise à jour 12 juin 03 – Patrick Moisson, Les dieux magiciens dans le Rig-Veda. Approche comparative des structures mythiques indo-européennes :

         «  Comment des dieux*, détenteurs des pouvoirs qui règlent l’Ordre cosmique peuvent-ils être qualifiés de « magiciens » ? Etant maîtres du monde, pourquoi auraient-ils besoin d’utiliser des pratiques suspectes, peu orthodoxes et, au fond, quelque peu Illusoires, que l’on qualifie de « magiques » ? Il y a là un paradoxe que l’auteur de ce livre met en évidence et explique en prenant pour terrain d’enquête un domaine bien précis : celui de la religion de l’Inde ancienne (second et premier millénaires avant notre ère) telle qu’elle apparaît dans ces documents exceptionnels que sont les hymnes du Rig-Véda (rédigés entre 1800 et 800 AEC. Il le fait à la fois en philologue et en historien des religions*, dans la lignée de maîtres tels qu’Oldenberg, Lüders, Renou et Dumézil. Abondamment « Illustré » de citations védiques, traduites spécialement à cet effet et interprétées à la lumière de la thèse soutenue par l’auteur, cet ouvrage, très original dans sa conception, apporte une lumière nouvelle sur notre connaissance du Véda. » <Contrepoints.com> <– Livre en vente 28,36 ¤ / Archimed Diffusion (ou BP 7 – 95620 Parmain – fax : (33) 134 088 462 )

L’importance de l’action de drogues regroupées par les Grecs antiques sous le nom crypté de M.u.k.o.s. qui se prononce donc “champignon”, drogues servant dans ces états (ce sont en fait les initiales de 5 céréales servant aux “gaudes” rituelles), n’est pas plus à nier que celle de notre pharmacopée moderne. Mais faute de savoir ce que les oracles et les pythonisses utilisaient, comment et dans quelles conditions préalables avait lieu la préparation de nos “devins” – savants, ou mystificateurs – et quelles en étaient les conséquences sur la santé mentale ultérieure des dits devins 48, on en est réduit à des explications qui allient le merveilleux au mystifiant. !

Mais il n’y avait pas de “magie” chez Circé, tout au plus de la science et un peu de mystification, à moins que ce ne soit chez Homère, ce qui n’étonnera guère !

La “Magie runique” ?


Ceci étant dit, nous sommes d’autant plus à l’aise pour reconnaître que certaines runes* sont un véritable “mystère”, tout comme le trinôme sacré de trois œtt (ou familles de huit runes) qui les lie* et les explicite mutuellement. Mais elles sont mystérieuse comme l’est l’antre sombre qui excite notre curiosité d’explorateur, d’initiant/ myste lors du franchissement du seuil de cette Porte sacrée*…

De même, il faut remarquer que la récitation chantée des poèmes runiques, des galdr ou “charmes” par les Scaldes Norois, provoque une “certain” effet : psychisme, sentiment, sonorité particulières à la langue ? Nous ne savons, mais cela provoque un élan (Rune Alce/ Algiz), comme le fait l’aurore, un enthousiasme, et c’est cela qui est utile et rien d’autre, si toutefois un certain “ridicule” – qui est un petit rire nerveux de gène – ne vient pas, lors d’une “séance” esthétiquement mal préparée, annuler les effets mystiques désirés…

Mais il ne faut pas confondre mystère – impénétrable, sacré, interdit (tabou49 ) – avec l’inconnu : le premier nous interdit toute recherche sérieuse et est à l’origine de trop d’ouvrages où le fumeux s’allie au “merveilleux”, brumeux comme il se doit quand, quidés par les tambours d’airain, on tourne autour de la brumeuse hyperborée* – Niflheim – sans oser y atterrir. C’est le genre de certains éso-térismes qui entendent garder derrière le rideau du conférencier ce qu’un initiateur* proche de sa communauté* devrait présenter devant tout les curieux de son clan* !
Nous ne critiquons ce “genre” que parce qu’il donne un alibi aux “gens sérieux 50 ” pour ne pas rechercher la culture de leurs ancêtres dans ces nouvelles directions : ne sont-ils pas, de ce fait, des “idiots utiles” qui collaborent depuis bien longtemps avec les envahisseurs intolérants (cf. Rabelais, et Abélard…)

Les intuitions poétiques* de ces auteurs – ou les pseudo révélations de leurs Maîtres – devraient cependant être considérées comme des hypothèses, des “sentes de charbonniers” qu’il faut chercher à défricher, des sources enfouies qu’il faudrait curer – émonder – avec la tarière de la Licorne* sans doute : il faut donc continuer à lire ces ouvrages, ainsi que certains poèmes, dans un esprit heuristique (cf. note in art. Mandala*) et c’est pourquoi nous avons cité les livres d’Edred Thorson et ceux de Nigel Pennick qui affichent le mot “magique” (tellement à la mode), dans leur titre.

La science “asique51 ” – qui est l’Art des Ases – n’ayant plus été comprise après la Grande Submersion (cf. notre art. Déluges*), il nous importe hautement de la retrouver et de l’intégrer à nouveau à notre civilisation déséquilibrée par les excès d’une partie essentiellement commerciale, si ce n’est financière et spéculatrice ! de la pourtant nécessaire troisième Fonction* 52 dumézilienne.


Corporation de magiciens


« Les artisans, surtout ceux qui travaillaient les métaux, exerçaient des professions considérées comme “magiques”. La maîtrise de leur art s’entourait desecrets jalousement gardés, interdits aux profanes de la profession, mystères dont la révélation était souvent punie de mort (du moins on le disait pour décourager les bavards…).

« Les confréries artisanales, initiatiques et secrètes formaient une sorte de franc-maçonnerie* avant la lettre qui se plaçait sous la protection d’Héphaïstos ou Vulcain, des Cyclopes, des Curètes53, des Cabires (cf. ndlr in art. Poséidon*)n et des Dactyles. » Jean Vertemont, Dictionnaire des mythologies indo-européennes*, Faits et Documents 1997..


Toutes les Louves (degré initiatique de magiciennes) viennent de
Vidolfr “Loup du Bois, du Bosquet sacré” (supra) et tous les sorciers*
viennent de Vilmeidhr “baguette trompeuse”.

Les Médecins ont souvent pu passer pour des magiciens,
comme les
Forgerons et les Poètes

On consultera aussi avec profit les articles traitant de l’Église* et du Paganisme*
et aussi ce qui traite de la magie dans l’article Poète*.

Màj du 13 jan 2005 : vu sur Association Fabula, Marabouts

         «« Les marabouts, sorciers et autres obscurantistes qui bordent le Léman sont-ils des escrocs ? Est-ce une escroquerie de proposer des solutions à des problèmes matériels ou émotionnels moyennant finance ?
          Difficile de répondre sans émettre au préalable une opinion sur la question. La mienne est claire : la magie, ça ne fonctionne pas. Cependant, et au même titre que l’homéopathie, il peut exister un effet psychosomatique venant du positivisme du patient (…)
          Autre exemple d’effet psychosomatique : un homme possédé par un diable. S’il est croyant et croit réellement être possédé par le malin, il ne pourra se débarrasser de son mal que sous l’influence d’un prêtre exorciste. En effet, suivant sa propre logique, il croit autant dans le pouvoir de la possession que dans celui de l’exorcisme; dans la malédiction que dans la rédemption.
Pour revenir aux intermédiaires de l’au-delà et autres marchands de pipeaux, on pourrait tout simplement imaginer qu’ils offrent dans leurs prestations, s’ils font honnêtement leur métier, un peu de réconfort et d’espoir. Faux espoirs sans doute, mais ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?
Un parallèle pourrait aussi être fait avec les avocats, les assureurs, les commerciaux, les politiciens, les psychanalystes, les philosophes, les prêtres, etc. Tous cités à titre d’exemple, afin de présenter un plus vaste échantillonnage de beaux parleurs. »» Kimiko Oshima (posthume)

MAGIECDU

«« Étymologiquement, la magie désigne l’art des mages, caste sacerdotale des Mèdes, qui cultivaient l’astrologie et autres sciences ésotériques. Mais le mot a pris un sens plus vaste pour désigner les croyances et les pratiques qui ne rentrent pas dans les rites des cultes organisés et qui supposent la croyance en une force surnaturelle immanente à la nature. Cette définition, assez ambiguë, explique pourquoi certains auteurs, comme James George Frazer, font de la magie une pré-science (il existe un déterminisme magique, sur lequel s’appuie la manipulation du magicien), et pourquoi d’autres, comme Marcel Mauss, la considèrent comme un phénomène religieux (est magique pour lui tout rite qui ne fait pas partie d’un culte organisé, rite privé, secret, mystérieux et tendant à la limite vers le rite prohibé), la différence essentielle étant que la magie agit à l’aide de forces immanentes à la nature, tandis que la religion suppose la transcendance du sacré.
On distingue une magie cérémonielle, ou indirecte, qui agit sur les esprits (autres que l’homme) par le moyen d’un rituel, et une magie naturelle, ou directe, qui agit sur la nature à travers une technique sui generis, reposant le plus souvent sur les lois de ressemblance (magie imitative) et de contiguïté (magie contagieuse); de même, l’on distingue une magie préventive (surtout à travers les charmes et les talismans) et une magie active (à travers un cérémonial stéréotypé); enfin, suivant ses finalités, pour le bien ou pour le mal, on a soit la magie blanche (ou de la main droite), soit la magie noire (ou de la main gauche). Cependant on a tendance en France à réserver, de plus en plus, le terme de magie à la magie blanche, et à appeler plutôt sorcellerie la magie noire; dans les ouvrages anglo-saxons, cette opposition correspond, grosso modo, à l’opposition chaman (magie curative) et sorcier (fauteur des maladies, de la folie et de la mort), bien que l’on reconnaisse que souvent le chaman travaille de la main gauche et que le sorcier peut être appelé à défaire ce qu’il a fait, rendant la santé aux malades.
Les travaux les plus récents sur la magie utilisent les données de la psychiatrie ou de la psychanalyse (toute-puissance du désir; rapport de la magie et de l’anxiété)… »»

Ceci était un petit extrait des trente ! pages de l’article Magie du C. D. Universalis auquels vous pourrez vous reporter (Pub. gratuite !) mais, il ne faut évidemment pas leur demander de prendre les positions (un peu ? provocatrices) qui sont les nôtres à R&T…

Pour ne pas perdre la main signalons aussi un article Kabbale du même CDU, fort long et qu’avec notre mentalité nous avons naturellement trouvé non seulement… indigeste mais inutile puisque, ayant écrit “la magie n’existe pas”, pourquoi parler pour ne rien dire ? Une fois de plus, ceci n’engage évidemment que nous, d’autant qu’une encyclopédie est faite pour répondre à toutes les questions, et reconnaissons leur ce mérite auquel nous échappons puisque le “parti pris nordiste” nous guide… quelques fois!

N. B. : Les mots avec astérisques* sont des titres d’articles consultables aussi dans le Livre CD de l’association qui regroupe la totalité de notre étude sur Les Origines de l’Arbre de Mai comme étant issu d’une Atlantide boréenne pré cataclysmique du XIIIème s. AEC.

2 Religion : telle qu’elle est conçue par l’auteur après l’établissement des valeurs* de l’Église* : cf. aussi nos art. Religion*, Rites* >< idéologie,Paganisme* ainsi que Mythes*… qui se tiennent !

3 métphysique : “à côté – de la Physique”, ce que notre ineffable ami Euphronios Delphyné traduit par : « À côté de ses basquets ! »

4 Rois Mages : qui n’ont jamais existé, ce que le Vatican a reconnu récemment et nul ne doute qu’ils seront peu à peu évacués par l’Église comme charriant trop de souvenirs païens. Cependant leur “invention” à servi à cacher au moins une chose : le souvenir des trois Ases/ Druides primordiaux du Nord!

5 Magéiros : d’où le nom du médecin en Provençal, lou Mege (pron. mèdgé), différent du Médici des Auvergnats en ce sens que le second est du patois……

6 Physique : Il est remarquable qu’en Dauphiné, une inversion – signifiante – fasse appeler la Magie, de la “Physique”…

7 Révéler le passé : Brave Aristote! Ainsi, cher confrère, me voilà promu “divin devin” dans vos vénérables pas…

8 Mantisme : sorte de fièvre des idées, de l’esprit qui, par exemple, pousse à se lever la nuit pour écrire ses idées dans une sorte d’heuristique spontanée, presque incontrôlée, d’où les « arts mantiques », ceux des oracles, des pythonisses, etc. Cf. infra ndlr N° 18 “les mancies”…

9 Vitt : En anglais witt signifie “esprit” mais il est dans la racine de “sorcière*” witch ; dans celle de “témoin impartial” witness ; et sans doute de “souhait” wish. Curieux, « n’est-il pas ? »

10 Wyrd : mot nordique signifiant “le devenir” ou destin* individuel.

11 Ørlög : mot nordique signifiant “destin cosmique, écoulement du Temps”, d’où le mot grec/ Dorien horologia “discours des saisons, des Heures, donc du temps”, d’où notre… “horloge” !

12 En-théio : « L’enthousiasme est la descente de la divinité qui parle par la bouche du poète inspiré, cf. Platon, Ion, 536c : “Car ce n’est point par l’effet d’un art ni d’une science que tu tiens sur Homère les discours que tu tiens ; c’est en vertu d’une faveur divine [theia moïra] et d’une possession divine”. » (Lirresponsable/ www)

13 D’où le nom de Magie cérémonielle donné à ces rites*, rappelons-le, c’est “l’art du Magéiros”.

14 Magie Sympathique : Il s’agit donc là d’une idée reçue, courante après les travaux des chercheurs du XIXème siècle, mais nous demeurons persuadé que pour les officiants les plus évolués, ces rites restaient identiques à leur forme la plus archaïque, c’est à dire des rites de mémoire, des rites commémoratifs et, bien sûr, festifs !…
Le sens général de ces rites de mémoire était de rappeler au clan* la Grande Catastrophe (cf. art. Déluges*) et sa petite répétition atlantidienne de la Mer du Nord qui rendit la Terre-Verte gaste à nouveau, et cacha (la) Soleil et (la) mit en prison comme le rappelle le folklore lituanien.
Chacun apprenait ainsi ce qui s’était passé et se réjouissait finalement de la « remise en ordre » du Cosmos, de la re-naissance de la Nature qui était heureusement intervenue : “Grâce aux Dieux* !” Grâce au Soleil enfin réapparu : « Neu Helle ! » – après trois ans précisent même les mythes* nordiques. En un mot : grâce à ce Nouveau Soleil qui fut baptisé le “Dieu-Fils” !
C’est ainsi, sans doute, qu’il conviendrait de relire les éléments du folklore européen et, en particulier, ce qui concerne la Hiérogamie* de nos Fêtes du Mai…

15 Monde : c’était déjà fort à la mode « universaliste » du début du siècle mais, quoique ces connaissances sur le monde puissent permettre certaines interprétations, l’opposition systématique faite entre « sauvages » et « civilisés » est généralement stérilisante car trop européocentriste (ce qui est en fait très post-chrétien)…

16 Prestidigitation : Aux États Unis, ce spectacle est toujours baptisé “magic” ce qui – pour un petit américain – induit une certaine distance avec la métaphysique, mais pas chez les Latinos…

17 Charme : du latin carmen “chant (aria), poème, réponse d’un oracle, pré-diction, enchantements, formule religieuse ou judiciaire, sentences morales en vers”…

18 Les Mancies (du grec mantis “devin, prophète – interprète des dieux* ”, mantéia “pré-diction, oracle, action de consulter ou d’interpréter un oracle, divination) sont de plusieurs sortes : divination par le bruissement des feuilles du chêne de Dodone, par l’empyromancie (interpréter les signes du feu… de Poséidon), par la chresmologie (enthousiasme, mise en communion avec l’Esprit des Dieux*), par l’extispicine (consulter les entrailles de la victime sacrificielle), par la géomancie (influx terrestre), par l’incubation (rêves inspirés), par l’ornithomancie (qui étudie le vol des oiseaux). Il existe aussi la divination par la tempête ou par la baguette que pratiquait Rhadamante “qui prophétise avec son aide. Par ailleurs, en français, la mantisse est la solution “divine” de la racine carrée.

19 Tirer les Runes : si cette divination est faite par jet de bois gravés d’oghams, c’est le crann chor celtique, ou le cœlbren brittonique, ou bien encore le prenn-den…

20 Mystes : du grec mystos, “initié”, comme Thüler en germanique. Remarquons la parenté de l’expression anglaise the must, “le plus!”…

21 Pureté : castum d’où vient notre mot “caste”, qu’on utilise en parlant à tort de la société hindoue qu’on comprend si mal. Alain Daniélou, grand indouiste, préfère parler de “sociétés corporatives” (héréditaires), les Varnas (à rapprocher de Varuna –>Ouranos). Ne pas confondre avec “castrer”, de castrare “châtrer”, couper les castus… pour rendre “pur” (?) (couper les “châtaignes” de Zeus). Quoique…

22 Casta : Castalie est le nom de la source purificatrice qui servait aux cérémonies d’Apollon à Delphes (du nom de la nymphe qui, poursuivie par Apollon*, s’y noya, cf. Déluges*) : ses eaux inspiraient les poètes dit-on ! Ne pas confondre avec la fontaine de Cassotis aux eaux méphitiques qui sourdait dans le temple* et provoquaient les vaticinations de la Pythie. Remarquons aussi la possible présence de cette racine dans le mot grec Kastoris “sorte de phoque” (est-ce si curieux chez ces lointains descendant des Chefferie du Maglemose, cf. art. Narval* ?)…

23 Esprit : chez les Nordiques, l’hug-auga est “l’œil de l’esprit” (cf. le Ier Chakra des Indous).

24 Église : ce qui est le cas des mythologies celtiques, entre autres.

25 Malédiction : littéralement “dire mal, dire de travers”.

26 Mort : et aucune Magie, même étrusque, ne put désormais rien y faire !

27 Démon : Ainsi donc on peut être un Dieu pour les initiés et un démon pour le petit peuple…

28 Typhon : Cependant ce rôle dévastateur est resté chez les Grecs (cf. Hercule et le sanglier d’Erymanthe, et les Celtes irlandais qui voient leur pays ravagé par le sanglier. Ce n’est pas le cas chez les Germains et les Gaulois (cf. Gullinbursti “Soies d’Or”, et celui d’Artio de Berne ou d’Arduina)

29 Calogrenant : dans lequel on pourrait voir un “soleil brûlant” (calor + Grannos) et, de même, dans Kynon un petit “chien”, la canicule : c’est cohérent !

30 Barenton : Fontaine de Bélénos. « Surplombant presque la Fontaine, est une grande table de schiste rouge et sombre. C’est “le Perron de Merzin, le Merlin né d’une nonne et d’un génie incube”, “nonne” en laquelle nous retrouvons la Norne/ Parque de nos Gaulois… » Maen Nevez.

31 Première : c’est son point de vue, selon un schéma “classique” de l’évolution de “l’Humanité” (je ne connais personnellement que des cultures… différentes, comme leurs auteurs, et ne peux me résoudre à les classer suivant notre échelle européo-centriste d’utilité matérialiste…

32 Prédire : on aura reconnu, en passant, les trois couleurs de la trifonctionnalité*.

33 Ésotérique : pour la petite histoire, Pythagore donnait ses cours derrière un rideau : ceux de ses élèves qui étaient de son coté recevaient un enseignement démonstratif dit – de ce fait – ésotérique, et ceux qui étaient dehors – exo – ne recevaient qu’un enseignement oral dit… exotérique (Denis Guedj, in Le Théorème du Perroquet, Seuil 1998) : gageons que ceux qui avaient compris sans rien voir des démonstrations, passaient derrière le rideau l’an suivant : sélection –> initiation* oblique !
On ne peut parler d’ésotérisme dans la culture nordique qui, du fait de l’initiation par Fonctions* duméziliennes, est holistique… Dans chaque Fonction, celui qui veut en savoir plus obtient une réponse et risque seulement d’être peu à peu poussé… jusqu’en 1ère Fonction* !

34 Profit : “manipulation puis embrigadement sont les deux mamelles des sectes”.EuphroniosDelph.

35 Tabou : màj 16 oct. 05 : est un mot océanien qui signifie à l’origine « chose marquée, d’un caractère sacré ou d’un caractère prohibé ». Nous préférons donc parler ici de Sacré* ou d’Interdit, ce que nous retrouvons dans les distinctions que nous avons faites entre Sacra, qui appartient à la sphère de « l’esprit des choses », et Casta, qui est la « lettre des prescriptions », d’où les interdits, qui sont développés dans notre art. Magie*. Le premier, « l’esprit », permet l’évolution des rites festifs, leur adaptation à la « modernité », l’évolution de la religion* en fêtes* communautaire, en philosophie et en sciences, et le second, « la lettre », bloque l’évolution, entraîne la superstition pseudo “magique” et les interdits moralisateurs, ce qui permet la manipulation par les interprètes (du gr.prophétès) autoproclamés du “Divin” et, par suite, les intermédiaires professionnels de la “Morale” : ceux du “sacerdoce” (cf. § Prêtres in art. Temple*).
« Ce qui caractérise en effet le tabou, c’est qu’il est énoncé comme une évidence absolue qui ne demande même plus le secours des arguments et qu’il est asséné en toute quiétude, avec le présupposé que personne au monde ne pourrait avoir l’idée saugrenue de le mettre en doute. » Lance/ èrenouvelle

36 Faux pas : aux États-Unis, l’Église lutte toujours contre Darwin, par associations interposées (cf. Dominique Lecourt, L’Amérique entre Bible et Darwin, PUF, 1998) et, pire, elles ont réussi à faire interdire de cours “l’évolutionnisme” dans plusieurs États ! On croit rêver…

37 Pour le moins : aux USA, des “associations chrétiennes” (sectaires) mettent encore en doute même la Chronologie scientifique puisqu’elle contredit la Bible !

38 Perdure… toujours aussi, bien évidemment, chez leurs intégristes rabbins qui pratiquent les Écritures à la “lettre” (casta), “l’esprit” (sacra) de l’instruction du peuple étant absent ou perdu de vue!

39 Superstitio : c’est grâce à ce mot étranger signifiant “croyance”, et qui allait devenir l’un de ces “universaux” chers à Platon, que les éléments de la “vieille coutume” furent peu à peu exclus par l’Église* et purent être condamnés, simplement pour avoir été ainsi nommés : en polémologie la première chose à faire est de “désigner” l’ennemi (<–satan en hébreux) : Julien Freund. Ainsi la boucle se boucla, et les bûchers tinrent lieu de feux de Beltaine le 1er Mai, de Solstice-Saint Jean ou de Jul*-Neu Helle et se firent évidemment à la même date pour faire bon poids.
Une autre étymologie est suggérée par Alain Rey : « de superstare “se tenir au dessus, surmonter, dominer” ; à la basse époque, le verbe à signifié “survivre”. On voit que superstition s’oppose à religion* [†]… » Le Robert, Dict. hist. lang. franç. Ce qui nous amène à conclure que le sens de ce mot était négatif pour les Chrétiens et… positif pour les Païens car, il leur fallait bien… survivre !

40 Mire : “voyant”, interjection occitane « mire, mire ! » “vois, vois”. Avec bel “beau” on obtient Mirabel “vise bélénos”, l’un des mille sites observatoires du lever et coucher du Soleil, un Ballon-observatoire, un németon/ téménos…
Màj 14 nov.05 : Rappelons que, bien proche du Gaulois par moment, le mot grec « Homère signifie à la fois « otage » et ”aveugle” : o miros, en grec : au gré de périples accomplis par des « o dysseas » (capitaines téméraires) narrés par des « o miros » (aveugles otages, livres de bords vivants des capitaines téméraires)… Michel Fournier@.
Màj. 3 janv. 04 : « le Labyrinthe* est situé près de la ville de Mires (lire « mirès » et l’écrire, en grec « Moires ») ce qui renvoie aux trois Moires quitissent, déroulent et coupent le fil de la destinée* (nous voilà avec un fil qui rappelle celui d’Ariane). » Michel Fournier@ [cf. art. r.t Destin*]

41 (Existerait) : en contrepartie, nous n’avons guère apprécié une émission d’insulte sur les adeptes du culte des dieux nordiques, de Thor en particulier : n’y aurait-il pas Blasphème quand il s’agit de Nos Dieux ? Est-ce notre merveilleuse tolérance polythéiste qui nous a conduit à cet état de faiblesse, de dépendance, d’esclavage… (programmé peut-être) ?

42 Superstitions : contre lesquelles, déjà, luttait Épicure qui voulait « soulager les souffrances humaines en bannissant toute crainte superstitieuse, en introduisant la paix de l’esprit et en enseignant aux hommes à faire face à tous les malheurs de la vie avec sérénité. » Lucrèce (98/ Å 55 AEC).

43 Wicca anglo-américaine, qui se présente comme une reconstitution de l’Asa Tru, mais en conservant précieusement la “magie”. Mais, ne s’agit-il pas là d’un “procédé” pour récupérer des lecteurs, des adhérents, et pour les éduquer ensuite et les “élever” dans l’esprit de la Vieille Coutume ? Souhaitons-le… Sinon : gare aux sectes, fussent-elles d’apparence nordiques !

44 Écoles privées : l’exemple de certains états américains qui refusent que soit enseigné la théorie de l’Évolution fait, en ce début du XXIème siècle, froid dans le dos !…

45 nos enseignants : « J’espère qu’on ne parle pas ici des idéologues qui ne sont pas dignes de la profession, fussent-ils ministricules frisottés ! » Euphronios Delphiné

46 Mantra chantés Màj 23-5-03 : « Depuis des temps très anciens, de nombreux peuples ont utilisé la répétition des formules et des chants sacrés dans le but d’acquérir des pouvoirs surnaturels ou pour influencer les dieux. Arthur Avalon explique, à propos de la doctrine tantrique, que le mantra (courte formule sacrée) est pratiqué en répétition (japa). Cette répétition est comparée à l’action nécessaire pour réveiller un dormeur. Utilisé de façon adéquate, le mantra sert à vivifier et à dynamiser la pensée et le pouvoir de la volonté. » Dufrenne. (cf. la “Pensée Créatrice”, délà vue).

47 Nirvana : La traduction “spiritualiste” est “extinction des renaissances/ avataras”… Mais ce mot ne signifie en fait que “sortir de la forêt”… ce qui – pour un païen européen – est autrement plus profond et évocateur !

48 Devins : quand à mâchouiller du laurier ou à le fumer pour imiter la Pythonisse de Delphes, gardez-vous en bien : l’hôpital psychiatrique n’est pas loin ! Ils sont déjà pleins de jeunes au cerveau définitivement délabré par les drogues !

49 Tabu est un mot océanien qui signifie à l’origine, « chose marquée, d’un caractère sacré* ou d’un caractère prohibé ». Nous préférons donc parler ici de Sacré ou d’Interdit, ce que nous retrouvons dans les distinctions que nous avons faites entre Sacra, qui appartient à la sphère de « l’esprit des choses », et Casta, qui est la « lettre des prescriptions », d’où les interdits. Le premier, « l’esprit », permet l’évolution des rites* festifs, leur adaptation à la « modernité », l’évolution de la religion* en fêtes* communautaires*, en philosophie et en sciences, et le second, « la lettre », bloque l’évolution, entraîne la superstition pseudo “magique” et les interdits moralisateurs, ce qui permet la manipulation par les interprètes (gr. prophétès) autoproclamés du “Divin” et, par suite, les intermédiaires professionnels de la “Morale” : ceux du “sacerdoce” (cf. § Prêtres in art. Temple*).

50 Sérieux : peut-être y-a-t-il aussi là quelque universitaire ayant une carrière à assurer.

51 Asique : et non “magique”, à moins de considérer le mot selon son étymologie* supra !

52 3° Fonction* : mais ce n’est pas très “marchand” tout cela et j’entends déjà de vengeresses “symphonies du tiroir-caisse” dénigrer tout ce qui ne se vend pas, fidèles en cela au vieux diction digne des “Phéniciens d’Astérix” : « Tout ce qui double ne perd pas, tout ce qui triple commence à gagner, tout ce qui quadruple laisse un petit bénéfice !…» (traduit mot à mot du yiddish)

53 Les Curètes étaient un peuple légendaire, originaire de l’Étolie mythique. On leur devait le dressage des animaux domestiques (cf. Bestla), l’élevage des abeilles (cf. Frêne), l’usage de l’arc (en if), l’organisation sociale (trifonctionnelle°), la fondation des Jeux* Olympiques. C’était le peuple “élu” de Gaïa, qui lui confia son fils Zeus* (Jupiter/ Odhin/ Wotan*) lorsqu’elle l’eut soustrait à la voracité de Kronos (coupure). Par la suite les Curètes restèrent les prêtres* de Zeus et de Rhéa. (D’après Vertemont, Dict. Mythol. I-E., avec rajout de nos parenthèses.) Remarquons : Curètes, curie, curieux, mais aussi kouros “fils de” –> Dios-cures !…

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